J'ai décidé d'essayer un nouveau truc: le tuning.
Pas pour ma caisse: tant qu'elle roule à peu près correctement, je suis tout à fait satisfait de ma belle italienne aux reflets d'argent. C'est pas demain que je lui paiera des jantes alliage chromées qui coûtent plus cher qu'elle. Je lui ai payé un beau pot d'échappement et le catalyseur qui va avec l'été dernier, faudrait voir à pas s'emballer. A la limite, le seul truc qui pourrait me tenter, c'est un autoradio avec une entrée jack en façade pour y brancher mon lecteur MP3. C'est vachement bien ces petites choses-là. Enfin, quand je dis "petites"... Oui parce qu'il y a quelques mois, au moment de me choisir un baladeur, j'ai plutôt privilégié la capacité de stockage par rapport à l'encombrement réduit. Notez qu'en termes d'encombrement, 30 Go pour un wacos à peine plus grand qu'un paquet de clopes, ça le fait, mais bon. Enfin, bref, peut-être un jour l'autoradio, mais y'a pas urgence, dans les embouteillages FIP se substitue assez bien au Shuffle sur 3000 morceaux que permet mon nouveau jouet. La bagnole, ça va, merci.
Je n'ai pas non plus décidé de me mettre au tuning PC. Bon, c'est vrai que je viens de lui offrir un nouveau lecteur de cartes flash interne. C'est vrai aussi que cet investissement était motivé uniquement par la volonté d'en avoir un qui s'accorde mieux avec le reste de la façade de ma tour, mais bon, hein, 'faut me comprendre aussi. Mon unité centrale est noire et argentée. Pas parce que je trouve ça classe, c'est juste que j'avais pas envie d'un ordi en plastique gris tout pourri qui jaunit avec le temps. Du coup, ben voilà, je me retrouve avec une tour qui a un peu de staïli, quoi, genre si je veux un lecteur ou un graveur de cédérom, il faut qu'il soit noir sinon, ça fait con. Pour le lecteur de carte-mémoire, il faut savoir qu'au temps où j'ai monté mon PC (tout seul comme un grand avec mes petits doigts musclés) on était à l'aube de la photographie numérique grand public. Ainsi, mon appareil photo numérique, ou APN comme on dit entre initiés, date de cette époque, celle des pionniers, où il fallait lâcher 800 euros pour 5 malheureux méga-pixels, et où pour prendre une photo sur le vif il fallait savoir anticiper d'au moins 2 secondes et demi par rapport à l'instant à immortaliser. En ces temps reculés, pour ne pas dire préhistoriques (à l'échelle du temps informatique, bien sûr), le seul lecteur de carte interne disponible sur le marché était gris, le même gris qui vire au jaune tout beurk. Beurk, certes, mais c'était le seul. Alors bon. J'ai fait avec. Jusqu'à l'autre jour, où il a fallu que je rachète de nouvelles nappes IDE, vu que j'en avais une un peu foireuse et que je voulais pas qu'elle me ruine un de mes disques durs, enfin je vous passe les détails. C'est en parcourant les rayons d'une des échoppes virtuelles auprès desquelles j'ai mes habitudes que je me suis dit "Tiens mais au fait, est-ce que ce ne serait pas l'occasion d'en profiter pour dégager cette vieille pustule qui ruine l'harmonie de la façade de ta tour pour la remplacer par la même chose mais en plus noir, et aussi en plus USB 2.0?". Donc voilà, après quelques jours d'attente du Colissimo et 2-3 bricolages à faire sauter la garantie de n'importe quel fabricant de matériel un peu sérieux, j'ai enfin une tour présentable, au détail près. Maintenant, les néons bleus dans le boîtier, c'est comme sous le bas de ma bagnole, ça risque pas d'arriver un jour, ou alors à l'insu de mon plein gré.
Sur le plan logiciel, je reconnais qu'avec la sortie de la nouvelle Mandriva, j'ai un poil gadgétisé mon interface graphique, mais bon, on n'appelle pas ça du tuning. Ah oui, au fait, Mandriva, c'est Linux. Et Linux c'est parce que Microsoft Windows, bouh, c'est vilain et ça coûte cher. Dans la dernière Mandriva, donc, on trouve un truc complètement inutile qui s'appelle Compiz, qui depuis a forké pour devenir Beryl. En gros, c'est comme une espèce de surcouche qui s'applique sur le serveur graphique et vient rajouter plein d'effets visuels superflus mais vachement rigolos (chacun son humour, mais moi ça me plaît) au gestionnaire de fenêtres. Comme je sens que le résumé que je viens de faire est un peu obscur et pas très parlant, z'avez qu'à aller voir là ou là, vous verrez ce que ça donne. Coolos, non? Inutile, aussi, ouais, je sais. Enfin pas tout à fait, quand on galère pour l'installer et le faire tourner, c'est pas si inutile que ça, puisque ça permet de mettre un peu les mains dans le cambouis et de comprendre un peu mieux comment fonctionnent tous ces programmes magiques qui font qu'un ordinateur marche. Et puis on est tout fier, aussi. Un peu comme quand on réussit sa première mayonnaise maison. Du moins j'imagine, vu que je sais pas la faire la mayo avec le bol, l'huile et la petite cueillère. J'ai un pote qui sait, lui. Et en plus, il frime. Façon "Quoi? De la mayonnaise toute faite? Nan, mais attends, tu vas voir, je vais te montrer ce que c'est de la vraie mayonnaise, moi". Bon, en fait, il dit pas vraiment ça, mais c'est comme ça que je le prends. M'en fous, en bidouille informatique, je l'enterre quand je veux. Quoique... Je me disais ça aussi pour la natation, jusqu'à ce que je me fasse fumer sur un 12,50 mètres nage libre l'été dernier... Je te dis pas la rage...
Mais je m'égare.
Donc disais-je, je me mets au tuning. Mais le tuning de meubles. D'ailleurs si j'en crois les quelques recherches documentaires effectuées sur internet ces jours derniers, ils semblerait que le tuning de meubles s'appelle plutôt de la customisation. Anglicisme pour anglicisme, je crois que je préfère encore dire tuning c'est vachement plus hype, au sens décalé du terme. J'ai donc décidé de tuner mes meubles. Ce n'est pas qu'un beau matin je me sois réveillé en me disant que mes meubles étaient bien impersonnels et méritaient quelques retouches pour mieux me correspondre, c'est plutôt qu'un beau matin de l'année dernière je me suis réveillé sans plus de meubles du tout chez moi, à cause qu'ils étaient partis avec la demoiselle à qui ils appartenaient à la base. J'ai gardé les murs, c'est déjà ça. Et le lit aussi, c'était quand même le mien, non mais. Tant qu'on a un toit et un lit, on a l'essentiel, à ce qu'il parait. Pas vraiment adepte de ce genre de principes misérabilistes à la con, j'ai préféré me précipiter dans les nombreux magasins de meubles qui abondent dans ces somptueuses zones industrielles banlieusardes que la galaxie entière nous envie. Et c'est là que je me suis aperçu que bordel de nouille, qu'est ce que je peux être difficile comme garçon! Franchement, dans le genre pétasson qui aime rien et/ou qui sait pas ce qu'il veut, c'est difficile de faire plus balèze que moi! Quand on parle de meubles, hein, attention... Il m'a fallu pas moins de deux semaines pour dégotter mon premier meuble, qui s'est trouvé être une table basse pour poser la télé, bonjour la symbolique qui fait peur. Après ça il a fallu rajouter encore 2-3 semaines pour le canapé, la table basse, la table à manger et les chaises qui vont avec. Depuis, peau de zob, pas trouvé un seul meuble qui me plaise. Enfin si, y'en a bien eu quelques uns, mais à 1000 euros le table de chevet, y'a de quoi hésiter... Le résultat c'est que ça fait plus d'un an que je vis sans armoire ou commode pour entreposer mes effets. Je me suis débrouillé avec juste une étagère pas du tout conçue pour ça, un vieux portant tout tordu prêté par une copine, un tancarville format famille nombreuse et un panier à linge sale king size. A part les chemises qui ne s'en sortent pas trop mal avec le portant, mes habits ont dû se contenter de prendre la poussière sur une étagère trop exiguë ou de rester en moyenne 2 à 3 semaines à patienter sur le séchoir... Le pire, c'est que c'est pas comme si chez moi je manquais de place, au contraire, tout seul dans un F3, y'a de quoi faire, mais bon, je sais pas, il m'a peut-être manqué une gonzesse pour me dire "Bon, t'es gentil, maintenant t'arrêtes de faire chier, on va la prendre cette armoire Skvansgaärd, elle est peut-être pas très belle, en attendant, je veux avoir un endroit où ranger mes soutifs, moi!". On a pas le sens pratique, nous, les mecs.
Avec le temps, quand même, à peine un an, ça a fini par devenir intenable. Le problème, c'est que jusques il y a peu, je ne voyais pas de solution. Ou plutôt si, je n'en voyais que deux: soit prendre un crédit sur 20 ans pour m'acheter des meubles, soit me résigner à acheter des meubles pas trop chers chez Ikea ou chez Fly. La mort dans l'âme (ouais, ouais, à ce point-là), je me suis dit qu'il serait sans doute plus raisonnable d'opter pour la deuxième solution. J'en étais là de ma réflexion mobilière, quand une alternative m'est apparu. C'est parti de rien, un détail à la con, comme c'est souvent le cas dans la vie, du moins c'est ce que veut la légende. J'étais en train de shoppinguer virtuellement chez Lee Roy Meurline à la recherche de nouvelles poignées de porte pour mon chez moi, lorsque j'ai découvert qu'on pouvait acheter au détail des poignées de tiroirs ou de portes de placard (ouais, je découvre des trucs hallucinants dans ma vie d'aventurier). Cette micro-découverte s'est produite alors que j'étais en pleine rénovation de ma chambre, et que j'étais donc en pleine phase de confiance maximum par rapport à mes aptitudes manuelles. Je venais de mettre la denière main à la rénovation partielle d'un parquet ancien en lui appliquant une teinte qui fasse à la fois naturel et classe. Et là, le lien s'est fait. Admirez le cheminement:
"Parquet=bois.
Meuble=bois, aussi.
Si on peut teindre un parquet brut, on peut teindre un meuble en bois brut.
Et comme on peut trouver quinze mille sortes de poignées ou de boutons pour des portes ou tiroirs, finalement en partant d'un meuble super-basique on peut faire ce qu'on veut!
En fait, ce qui fait qu'on va payer un meuble hyper cher chez Maisons du Tek ou La Route du Monde, c'est qu'on paye le mec qui s'est fait chier à le teindre, à le vernir et à poser de la quincaillerie à trois francs six sous dessus.
Bon, y'a aussi le fait que le meuble est fais en bois de Malongo ou de Oumpala, mais franchement, qu'est-ce qu'on en a à foutre s'il a fallu décimer la fôrêt équatoriale pour avoir un joli confiturier? Rien du tout!
Si ça se trouve, avec un budget riquiqui, je pourrais me fabriquer des meubles exactement comme je veux!"
Et voilà...
Quand tu passes commande d'un meuble chez La Redoute ou les 3 Suisses et que tu choisis en finition "brut", et pas "vernis naturel" ou "blanc", tu payes moins cher, ça commence plutôt bien, non? Du coup, j'étais tellement joice que j'ai acheté une armoire et une commode en bois brut. En pin pour être précis., et en kit. Il y a deux semaines, j'ai reçu la commode, ou plutôt un carton contenant les ingrédients pour préparer une belle commode pour une ou deux personnes. Y'avait un problème de stock ou chais pas quoi chez le fournisseur de mes fesses, donc pas d'armoire avant quelques semaines. Sur le coup, je me suis dit "Pas de problème, je suis pas pressé, je vais attendre un peu et je me ferai les deux meubles en même temps, ce sera plus pratique". Comme l'armoire mettait du temps à arriver et que mes slips n'en pouvaient plus de zoner sur un tancarville en plastoc alors qu'une commode leur tendait les bras (façon de parler, pour les slips et pour la commode), j'ai fini par me décider à me mettre au boulot avant-hier. Et avec le recul, je me dis que c'est plutôt une bonne chose que les deux meubles ne se soient pas radinés en même temps. Parce qu'en fait, tuner un meuble en kit, ça prend une place monstre. Le truc c'est que pour faire ça bien, il convient de tout faire avant que d'attaquer le montage. Je m'explique, une commode, c'est un "machin", je veux dire le gros meuble, là, et des tiroirs. Si tu assembles le tout et que tu appliques ta teinte après, il y a plein recoins ou carrément de morceaux qui seront soit inaccessibles, soit super-gàlère à traiter. Il vaut donc mieux teindre les pièces une à une, séparément, avant. C'est ce que j'ai fait, vu que, pour une fois, j'ai réfléchi avant d'agir (pas con le mec, hein?). Du coup, quand tu te retrouves avec 33 éléments en bois de tailles diverses à colorer recto-verso en 4 couches (oui parce que le pin, c'est clair, et comme par hasard, mes meubles je les préfère foncés), t'as intérêt à prévoir l'espace. Et le temps aussi, un peu. Enfin bref, au bout de 15 heures de boulot, après application des 4 couches, assemblage, montage des poignées qui vont bien et passage à la cire, honnêtement, content. Bon bien sûr, ça reste une commode en kit à 150 euros (prix de base, compter 20 euros pour la teinte à bois et 15 euros pour les poignées à l'ancienne), on sent bien qu'elle tiendra pas plus de deux déménagements, les tiroirs ne claquent pas comment comme ceux d'une commode en bois bien lourd, mais il vaut mieux ça que rien du tout. En tout cas, c'est ce qu'en disent mes slips. La prochaine étape c'est l'armoire, ça me prendra sans doute un peu plus de temps, mais autant pour la commode je me demandais ce que ça donnerai au final, autant là je ne me fais plus de souci. J'en suis déjà à réfléchir sur les tables de chevet pour finir la chambre et à prospecter pour le buffet dans l'entrée. Si ça se trouve je vais finir par réussir à faire de mon appart' un endroit vraiment cool, et ça m'aura même pas coûté cher.
Sur ce, j'ai un buffet à trouver, pas que ça à foutre.