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Mot clé - Consommator strikes back

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lundi 3 septembre 2007

Démocratie participative

Les enfants, l'heure et grave. Depuis l'extraordinaire saga de la poubelle chromée, contée pas plus loin qu'ici, je me sens l'âme d'un conquérant de la déco, d'un tortionnaire de la carte bancaire, d'un Attila de l'achat compulsif contrarié. Avoir réussi à dégotter l'indégottable a redonné souffle et élan à ma soif de posséder le parfait intérieur du trentenaire à la fois sobre et trendy.
Armé de ma motivation et d'un compte en banque solidement positif par la grâce de la récente paye, je me suis donc aventuré cet après-midi dans la plaine sauvage et industrieuse de la mondialement renommée Patte d'Oie d'Herblay, où un célèbre fabricant de meubles issu du pays des Krisprolls a établi une succursale. D'autres enseignes concurrentes bien d'chez nous disposant elles aussi de magasins dans cette zone lugubre et impraticable pour l'insensé qui déciderait de s'y engager à pied, je me suis dit qu'aujourd'hui pourrait bien être le jour du chevet.
Ouais, parce que t'sais, ça fait plus de deux ans que je vis sans table de chevet à côté de mon lit. Ce qui est tout à fait intolérable.

Vous n'êtes pas sans savoir, ou alors ça veut dire que vous n'avez pas tout lu mon blog et ça c'est très vilain, que je travaille de nuit. Cette regrettable manie présente au moins un avantage, c'est que pour ce qui est du shopping, je peux me permettre de le pratiquer à des heures où le commun des mortels vient à peine d'attaquer sa longue et pénible journée de boulot. Ce qui fait que j'ai l'habitude de fréquenter les magasins à l'heure où les vendeurs ont encore la marque de l'oreiller sur les joues et où surtout il n'y a pas un rat dans les rayons.
Sauf qu'aujourd'hui était un jour un peu particulier, puisque les enfants profitaient de leur dernier jour de vacances. Or, va savoir, pourquoi, il semble exister une catégorie de parents qui dans ces circonstances, plutôt que de coller les gosses devant la télé avec l'intégrale de Dora l'exploratrice ou tous les dévédés de chez Pixar, préfère les emmener faire une ballade à Ikea, histoire de bien se crisper avant la rentrée.
Oui, parce que du coup, j'ai pu voir que c'était vrai, et pas juste une légende urbaine: aller chez Ikea ça énerve les gens. Que ce soit la famille Groseille ou Lequesnoy, le petit couple débutant ou confirmé, ou encore la bande de colocs en vadrouille, le fait de se balader d'armoire Skëdsgründ en fauteuil Klümptvlaärd suffit à instaurer un climat guerrier autant qu'haineux au sein d'entités sociales pourtant initialement en parfaite harmonie...
Un jour j'écrirai une thèse là-dessus si j'ai le temps, mais c'est pas l'sujet du jour.

Personnellement, quand je mets les pieds dans un magasin d'ameublement et/ou de décoration, déjà j'y vais seul, et ce n'est pas pour y traîner pendant mille ans. En gros, soit je sais exactement ce que je suis venu chercher et je fonce droit au but, soit il me suffit de trente secondes pour me dire que puisque je n'ai aucun objectif précis c'est qu'en fait je n'ai rien à foutre là. Efficacité avant tout, on n'est pas là pour flâner, palsambleu. Ce qui explique que dans ce genre d'endroit je me déplace à la vitesse du banlieusard arrivé aux Halles par le RER A qui doit encore aller choper la ligne 7 avant d'espérer arriver au boulot. Vite, quoi (Je le précise pour nos amis provinciaux qui goûtent, sans forcément en avoir la pleine conscience, aux délices d'une vie loin des turpitudes et du stress de Paris et sa banlieue).
Quelques minutes m'ont donc suffi pour parcourir quatre enseignes, non sans avoir pris soin de bousculer le quota minimum de blaireaux ayant eu l'audace inouïe de croiser impunément mon chemin, et constater qu'aujourd'hui ne serait pas le jour du chevet.
Sob.
On ne peut pas gagner à tous les coups.
M'enfin du coup je m'interroge.

En matière de goûts et de couleur, je dois bien l'avouer, je suis un peu difficile. Mais pour des tables de chevet, est-ce bien nécessaire?
Dans ma chambre, en plus de mon lit, il y a deux meubles: une armoire et une commode, toutes deux tunées par mes soins, ou customisées si vous préférez. En fait par rapport à leur design d'origine, je les ai simplement teintées dans une couleur qui me plaît, cirées staïli la classe t'as vu, et enfin affublées de poignées plus sympa que celles fournies au départ. Pour vous donner une idée, à la base l'armoire est comme ça, et moi j'en ai fait ça (La photo est volontairement moche, vous pourrez critiquer tout ce que vous voudrez, moi je sais très bien qu'en vrai c'est hachte mieux). Délire similaire pour la commode. Du coup les deux meubles sont finalement plutôt bien assortis.
Et c'est là que point mon interrogation.
Je me demande en fait s'il est indispensable que mes tables de chevet soient assorties à l'armoire et à la commode. Genre teinte identique et poignées de tiroirs coordonneés. Ce qui est totalement introuvable dans le commerce, force est de le constater. La solution pourrait alors être de se refaire une session tuning de meubles, mais bon, là, franchement, ça me gave un peu. En même temps je vois pas tellement d'alternative, vu que mon avis c'est que oui, il faut que tout soit coordonné, faute de quoi ça fait nul.
Vous en pensez quoi, vous? Je me prends la tête pour du vent ou pas?

Là-dessus, je vous laisse, il me faut aller me préparer un petit plat qui me permettra à lui tout seul d'atteindre l'objectif national des cinq fruits et légumes par jour.
En même temps, en sélectionnant la bonne pizza, ça doit être possible d'arriver à cinq...
Luigi, amico mio, ti chiamo subito!

vendredi 31 août 2007

Plus belle la vie

Ne reculant devant aucun sacrifice dès lors qu'il s'agit d'abonder dans le sens de l'élégance et de la distinction, je me suis offert une nouvelle poubelle pour ma cuisine. Attention, hein, une vraie poubelle de compète, à pédale, chromée et tout, genre si je te dis le prix tu risques de donner dans la réflexion désobligeante. A ce sujet, j'en dis pas plus, je n'ai pas envie de rappeler que je fais encore ce que je veux avec mes sous-sous à moi. Et puis de toutes façons, ça faisait bien longtemps que j'avais décidé de cet achat, on est donc bien loin du compulsif.
Si.

Je n'ai pas honte de le dire, j'avais déjà une poubelle. Le genre qui date d'avant le recyclage, en plastique blanc ordinaire, d'une contenance maousse, puisqu'elle sied aux sacs d'un volume de 50 litres. Pour ne rien vous cacher, il s'agit d'un des rares objets qui me restent du temps chaque jour plus lointain où je partageais gîte, couvert et plus puisqu'affinités avec une jeune femme collant parfaitement à mes goûts du moment.
A l'époque, où, les yeux encore mouillés d'émotion au moindre achat effectué en commun, nous avons investi dans ce réceptacle à ordures de grand volume, il n'était pas encore question de trier ses déchets. Si l'on ajoute à cela le fait que nous cumulions alors les capacités détritogènes de deux adultes en pleine possession de leurs moyens, l'on comprendra aisément qu'une benne aussi imposante se justifiait sans peine. Trois ou quatre jours suffisaient à la remplir et à déclencher la traditionnelle cérémonie du "Chéri, tu penseras à descendre la poubelle?".
Depuis, bien des choses ont changé.

Ce n'est pas pour me vanter, mais à moi tout seul, il se trouve que j'engendre une quantité d'ordures ménagères tout à fait raisonnable. A la vérité, depuis la mise en place du tri sélectif dans ma commune, réussir à remplir une poubelle de 50 litres dans un délai raisonnable a fini par devenir une mission quasi impossible.
Le problème, c'est qu'une fois dégagé de la poubelle habituelle tout ce qui semble digne d'être recyclé, n'y restent en majorité que des déchets organiques. Périssables, donc. Qui deviennent tout pourris, quoi. Et ça, quand on a une grosse poubelle, c'est un tout petit peu embêtant. Parce qu'au bout de 15 jours, les vieilles épluchures de pomme de terre, les peaux d'orange ou les trognons de poire, croyez moi, ça commence à loufer sévère. Genre des fois ça peut même attirer les mouches. Moyen classe, quoi.

Il fallait donc trouver une solution pour assurer une rotation des sacs poubelle plus régulière. Une solution économique eut été de dire stop au tri, mais je suis beaucoup trop respectueux des consignes municipales pour me laisser aller à ce genre d'incivilité. Du coup, je me suis dit que ce serait une vache de chouette idée de diminuer la taille des sacs poubelle, et par voie de conséquence la taille de la poubelle elle-même. Et par la même occasion d'en choisir une un peu stylée, t'as vu.
Sauf que des poubelles qui chient la classe, c'est pas pour dire, mais c'est pas si évident que ça à trouver. Entre le moment où j'ai décidé que le temps du changement était venu pour cet aspect-là de mon équipement domestique et la réalisation du projet, il s'est écoulé plus d'un an. Je vous rassure, je n'ai pas passé l'année écoulée à rechercher une poubelle de remplacement, j'ai quand même réussi à consacrer mon temps et mon cerveau à deux-trois autres trucs.
Et donc avant-hier j'ai fini par trouver.

La recherche, toutes proportions gardées, je rappelle que je réside dans le Far West, mais de la région parisienne seulement, la recherche, donc, fût longue et pénible. En effet, si j'étais fermement décidé ce jour-là à ne regagner mon domicile qu'avec une poubelle sous le bras, je n'en avais pas moins conservé farouchement la volonté de trouver quelque chose qui corresponde parfaitement à mes goûts et mes exigences. C'est donc après avoir écumé l'ensemble des poubelliers potentiels du périmètre, et presque en désespoir de cause, que j'ai atterri au Castorapouêt du coin, peu confiant dans mes chances de succès, pour cause de déceptions passées multiples dans ce lieu de perdition.
Et ben tu m'crois, tu m'crois pas, j'ai trouvé. Dingue, non?
En tout cas, pour une fois, j'avais réussi à atteindre l'objectif qui m'avait servi de prétexte à fuir mon appartement.
Fuir?
Haha, mais oui. Et voilà qui mérite bien une explication, non?
Oui, parce que si la narration de l'achèvement de la quête en lui-même est déjà captivant, sachez que son origine presque accidentelle relève carrément du passionnant.
Voyez plutôt...

Pour peu que le hasard fasse s'accumuler les menus tracas durant une période de leur existence, certains sont facilement tentés de sombrer dans l'auto-victimisation à outrance, poussant le vice jusqu'à s'imaginer visés par quelque sombre malédiction.
N'importe quoi. 'Faut quand même pas exagérer.
Non, moi, et je peux vous dire que je sais de quoi je parle, moi, je suis victime d'une vraie malédiction. Et je ne vous parle pas de mes taquins voisins et de leur propension familiale à faire plus de bruit que la troupe de Flamenco du Conservatoire de Séville un soir de gala, pfuh, ça c'est rien du tout, c'est du normal, du banal, même, ça peut arriver à tout le monde, comme on dit.
Non, moi je vous parle d'une malédiction dont l'existence est statistiquement attestée par une période d'observation de cinq années, c'est-à-dire depuis mon installation dans cet appartement.

Depuis que j'habite ce cossu mais chaleureux F3, il ne s'est jamais écoulé plus de 9 mois sans que soient entrepris dans mon environnement immédiat des travaux pharaoniques et considérablement bruitogènes. Si l'on remonte à mon arrivée en 2002, j'ai eu droit, en vrac, à:
- La restauration et la consolidation de la muraille mutiséculaire sise à 10 mètres de mes fenêtres côté cour,
- Le ravalement de la façade de l'immeuble de gauche,
- La rénovation du pont qui enjambe l'Oise sous mes fenêtres,
- La remise à neuf de l'appartement d'en face,
- Le repavage de la rue,
- Le ravalement de façade de l'immeuble de droite,
- L'aménagement d'un appartement de l'immeuble de droite pour le transformer en salon de beauté prout-prout ma chère,
- La rénovation de l'appartement du dessus,
- Le ravalement de façade de mon immeuble...
Et je suis sûr que j'en oublie.

En ce moment, et au pied de mon immeuble, j'ai droit à la transformation des locaux de l'ancienne presse-librairie qui vient de fermer en une pimpante agence immobilière. Il est vrai qu'avec 3 autres agences immobilières déjà présentes dans un rayon de 30 mètres au pied de mon immeuble, on frôlait la pénurie... Enfin bon, toujours est-il que depuis lundi dernier, un commando d'ouvriers énergiques et motivés s'est attaqué aux locaux à grands coups de marteau-piqueur pneumatique et de perceuse à mèche de 40, avec pour ambition de tout casser pour mieux reconstruire. En tout cas, c'est ce que laissent supposer les bruits cataclysmiques qui s'élèvent du rez-de-chaussée et viennent heurter de plein fouet mes tympans qui n'avaient rien demandé deux étages plus haut.
Pour tout vous dire, je m'y attendais.
Le marchand de journaux ayant fermé ses portes depuis mi-juillet, et son remplacement par une agence immobilière ayant rapidement été officialisé, je me doutais que des travaux seraient entrepris pour aménager les locaux pour leurs nouvelles fonctions.
Par contre, je ne me doutais pas que les gars mettraient autant de vigueur dans leurs travaux...

Mardi matin, je fûs donc réveillé par les doux hurlements de deux perceuses à percussion, modèle "Quand je veux je perce deux mètres de béton avec ma bécane" à en juger par le bruit qu'elles engendraient. Si tu veux, ça avait beau se passer au pied de l'immeuble, c'était comme si on s'était amusé à percer le mur porteur au creux de mon oreille. Le truc carrément intenable. En gros il fallait que je m'arrache.
Qu'à cela ne tienne, j'ai enfilé vite fait quelques nippes et m'en suis allé chez Jean-Pierre me décoller les paupières à coups de cafés au comptoir, avec pour ambition de trouver quelque activité extérieure me permettant d'échapper au tumulte en cours dans mon immeuble.
J'ai commencé par une bonne grosse session rollers, qui pour décrassante qu'elle fût, n'en constitua pas moins un excellent prélude à la sieste réparatrice. Sauf qu'une fois rentré chez moi, il me fallut bien vite réaliser que le repos du rider devait être remis à plus tard. Z'étaient toujours en train de tout démolir...

C'est alors que, les neurones légèrement en berne, j'eus la lumineuse idée de partir en quête d'une nouvelle poubelle. N'en étant pas à mon coup d'essai pour cette recherche particulière, je comptais bien y perdre un temps considérable, et estimais même mes chances de réussite à une sur dix. Pas grave, l'essentiel était de tuer le temps en attendant que les ouvriers rentrent chez eux.
Et puis voilà, t'as vu, finalement j'ai réussi à trouver. Et c'est cool. Parce que l'inconvénient de la technique du "Partir en quête d'un improbable objet pour éviter d'être chez soi", c'est que neuf fois sur dix tu reviens bredouille. Même si l'objectif de base c'est de faire passer les heures pour les faire passer, mine de rien c'est quand même frustrant de finir les mains vides.
Que là, non.
Et ça c'est bien.
Ahum.
Voilà.
J'ai fini mon histoire.
C'était bien, hein?

Là-dessus, je vous laisse, je dois réfléchir à la question fondamentale de savoir ce qui est prioritaire: acheter un grille-pain ou remplacer ma table à repasser bancale? Dans les deux cas, ça fait deux ans que je me dis qu'il faudrait que je me décide, mais j'hésite encore.
C'est compliqué la vie.

P.S.: Je ne vous ai pas raconté comment j'ai nettoyé la grande poubelle blanche en plastique pour en faire ma poubelle à recyclage, j'avais peur que ça soit trop d'émotions pour vous. Sachez simplement que les sacs "spécial-recyclage" que nous fournit la ville font pile-poil 50 litres et s'adaptent donc parfaitement à cette poubelle. Vous avez le droit de pleurer de joie.

mercredi 28 mars 2007

On se console comme on peut

Il fait un temps superbe sur Serre-Chevalier en ce mardi de février. Notre héros se tient en haut d'une piste rouge qui s'annonce somptueuse et idéale pour sa façon préférée de dévaler les pentes enneigées: la ligne droite.
C'est bien connu, c'est le chemin le plus court pour relier un point A à un point B.
Surtout, éviter de passer par C.
Voyant qu'aucun skieur, et surtout pas un de ces emmerdeurs de débutants, n'encombre la piste, il s'élance et après deux ou trois virages élégants pour épater les gonzesses il passe la surmultipliée, bien décidé à ne pas faire le moindre dérapage avant d'être rendu à la terrasse du restau d'altitude où il prendra un petit vin chaud en attendant les traînards, mais néanmoins amis, qui s'épuisent depuis 8 jours à essayer de le suivre.
L'un d'entre eux s'étant aventuré à incriminer ses skis pour justifier de sa lenteur, notre héros a fini par le prendre au mot et lui a proposé un échange standard vite fait mal fait quelques minutes plus tôt.
Notre héros, n'a donc pas ses skis au pied, mais il s'en fout, il trace quand même comme un malade.
De toute façons, il n'y pense plus, il a oublié.
Quand il fonce, il oublie tout, ses skis, sa meuf, l'heure qu'il est... et cette petite rupture de pente.
Oh rien de rien, une petite cassure de 15-20 degrés, pas plus, c'est à peine si on la voit.
D'ailleurs il ne la voit pas.

Ce n'est pas la première fois qu'il s'envole, quand on bourre comme un âne, on a l'habitude de ce genre de petite surprise.
Le tout est de ne pas se désaxer par rapport à sa trajectoire, le reste importe peu.
La qualité de la réception en particulier est le dernier des soucis des Schumachers des pistes.
Sauf que.
En cas d'envol inopiné, l'instinct de survie commande de se pencher légèrement en arrière, l'animal qui est en nous sachant très bien que les fesses sauront mieux que n'importe quelle autre partie du corps amortir un choc éventuel.
Réception légèrement sur l'arrière.
Fixations mal réglées.
C'est le drame.
Alors qu'il est lancé à pleine balle notre héros perd ses deux skis au moment où la gravité le ramène sur la piste après un vol d'une quinzaine de mètres.
Ses lourdes chaussures de ski se plantent aussitôt dans la neige en lui faisant effectuer un spectaculaire (aux dires des témoins de la scène) plongeon.
Il touche à nouveau le sol, ou plutôt la neige, la tête la première, 10 mètres plus loin en y laissant un cratère d'un mètre de profondeur et fini par ralentir après une glissade sur le ventre d'une bonne trentaine de mètres.
Pendant quelques secondes il ne bouge plus.
En haut de la piste, la question s'impose instantanément dans la tête de ses amis: est-ce qu'il est mort?

Puis il bouge.
Sonné comme jamais auparavant, il entreprend de se relever.
Une fois à genoux il voit son sang colorer la neige par petites gouttes.
"Merde, à tous les coups, je me suis pété le nez sur ce coup-là..." se dit-il.
En essayant de lever le torse, il ressent alors cette étrange sensation.
Un peu comme si.... oui, un peu comme si son bras s'était décroché de son épaule et n'était plus tenu que par la peau et les muscles.
Puis la douleur.
Inconnue.
Insoutenable.
Crier.
Comme un gosse.
Pas de mots, juste un cri.
Puis la litanie des "quel con, quel con, quel con, putain mais quel con..."
Tu parles.
Il a beau n'être presque plus qu'une douleur, il sait très bien ce qui s'est passé.
Les fixations.
Quel con.
Putain mais quel con.
Secouristes, barquette, barquette-motoneige, téléphérique, salle d'attente du cabinet médical, radio...
Fracture de la tête de l'humérus.
Cassée en deux selon suivant un trait de fracture impeccable.
Net et sans bavure.
Surtout sans déplacement, donc pas d'opération.
En tout cas, pas de ski avant l'année prochaine.
Quel con.
Putain mais quel con!

Alors bon, pour les bonnes copines qui savent montrer leur impatience à avoir des nouvelles de la plus tendre des façons, je signale juste que cette année je suis donc parti au ski aux Rousses.
L'édifiante anecdote que je viens de vous narrer, dont j'espère bien qu'elle aura su vous rappeler à quel point il est important de faire régler ses fixations par un professionnel, date de 2003.
Pour en finir avec cette histoire, je tiens juste à confirmer que se péter l'épaule, non seulement ça fait vachement mal sur le coup, mais en plus la rééducation après ça c'est presque pire, car, l'eusses-tu-cru, à part celle qui relie notre crâne au haut de la colonne vertébrale, il n'est pas d'articulation plus complexe que celle de l'épaule dans le corps humain. La variété des méthodes de torture après une immobilisation d'un mois et demi est donc quasi illimitée.
Sans compter que l'arrêt de travail de deux mois et demi (et oui ma bonne dame, quand même!) qui a suivi l'accident m'a définitivement convaincu que travailler c'est trop nul et glander c'est vachement mieux.
Bref, fixations.
Ultra important, mes amis.
Et puis je ne vous parle pas (oh et puis si, tiens!) du temps qu'il faut pour s'en remettre dans sa tête et dévaler à nouveau les pistes comme un gueudin.
En vrai on s'en remet jamais.
Bon, bien sûr, t'as quand même toujours intérêt à t'accrocher à ton slip pour me suivre, mais c'est plus pareil.

N'empêche que ma dose annuelle de ski, ça reste primordial pour mon équilibre.
Oui, bon, d'accord, je sais que dans le genre loisir éminemment bourgeois, le ski se pose là, mais bon, que voulez-vous, Mère et Père m'y ont amené dès mon plus jeune âge, et les habitudes, tu sais ce que c'est, pour s'en défaire...
Enfin donc cette année, c'était carrément la zèremi pour partir, vu que tous les amis avec qui j'ai mes habitudes alpines avaient décidé de faire l'impasse sur la session de février, pour raisons financières ou pour raisons de "j'y suis déjà zallé à Nouwel, alors tu vois, bon, quoi" (ce qui au final revient au même).
Jusqu'à ce coup de fil inespéré, deux jours avant le début de mes congés.
Et alors donc je suis parti dans le chalet de la grand-mère de la femme du frère de mon pote.
Petite pause pour tracer mentalement un arbre généalogique dans sa tête...
...
C'est bon, on peut y aller?

Déjà, pour commencer, je t'explique, c'était aux Rousses.
Dans le Jura.
une première, pour moi.
Si possible dernière aussi, en tout cas pour le ski, tant que j'aurai la santé.
Attention, hein, les Rousses, c'est très bien, mais à mon avis ça l'est surtout quand t'as des enfants en bas âge ou que t'es à la retraite, quoi.
Non, parce que bon, on est loin de la haute montagne, hein... On est plus proche du ski sur colline, stuvois c'que j'veux dire.
Mais bien, hein, oulala, très bien, si, si, y'avait même suffisamment de neige pour skier le matin.
Et puis c'était gratos, alors compte pas sur moi pour me plaindre.
D'autant qu'il y a eu la rencontre...

Il parait que cette année, ben mon vieux, ça faisait bien au moins 200 ans qu'on avait pas vu aussi peu de neige ralala c'est quand même pas d'bol, et pouf, ça tombe pile l'année où j'y vais, tu parles d'une coïncidence malheureuse. C'est marrant, chaque fois que je vais skier et que la neige vient à manquer, c'est toujours la première fois qu'on voit ça dans la vallée, ou bien.
A croire que je porte la poisse.
Ou que les gens ont du mal à admettre que le réchauffement climatique est effectivement à l'oeuvre, va savoir.
Revenir, moutons, tout ça, y'avait donc pas des masses de neige, et en plus l'après-midi on se tapait des 12°C en haut de la station (tout est relatif, le "haut" n'était qu'à 1450m, hein), je vous laisse donc imaginer la soupasse infâme sur laquelle on était réduit à essayer de glisser passé le sandwich du midi.
Donc, pas fous les parigots, on n'a skié que le matin (sauf le premier jour, le temps de comprendre comment ça allait se passer).
Pour nous occuper durant la deuxième partie de la journée, nous avions à notre disposition, des lits pour la sieste, de la bière, des bouquins de la grand-mère, une collec' de Picsou-Magazine d'époque, les balades en ville et... une console de jeux vidéo!
Et ouais, c'est ça le monde d'aujourd'hui, cinq trentenaires (ou presque) partent au ski, ils emmènent leur console de jeux avec eux.
J'ai donc rencontré la Wii.
Et je suis tombé amoureux j'ai graffe kiffé ma race je l'ai trouvée assez cool.
On s'était croisé une fois chez un pote, celui qui m'a invité justement (même si en fait là c'était pas la même, c'était celle de son frère, mais si tu sais bien, le mari de la petite-fille de la proprio du chalet, tu suis ou quoi?), et à l'époque bien qu'un peu sceptique au départ j'étais revenu charmé, tout en me disant que ça faisait quand même un peu cher pour ce que c'était. C'est d'ailleurs ce que je me suis toujours dit des consoles, ce qui a eu pour conséquence le fait que je n'en ai jamais eu aucune auparavant, ni payée par mes parents, ni achetée avec mes sousous à moi.
Là, d'avoir vécu une semaine sous le même toit, ça a créé des liens plus forts qu'une simple soirée passée ensemble.
Du coup vous devinez aisément qui s'est mis en top priority sur ma shopping list quand je suis rentré du Jura.

N'étant pas né de la dernière pluie et en ayant vu des vertes et des pas mûres tout au long de ma chienne de vie, de retour à Pontoise, je me suis dit "tout doux mon grand, ne te précipite pas, laisse couler un peu d'eau sous les ponts, va voir en Bretagne s'il ont toujours des chapeaux ronds, tu verras bien en rentrant si c'était juste une pulsion fugace, ou si vraiment il te la faut".
Ah, ben ouais, quand même, avant les vacances j'étais en galère de plan pour le ski, mais j'avais quand même une invitation pour la Bretagne, alors bon.
Du coup, TGV, galettes, roller, beurre, cidre, footing, introspection, chapeaux ronds, tout ça, tout ça, et une semaine plus tard en revenant ça ne m'était pas passé.
Alors oui.
Je m'ai fait plaisir.
J'ai dégainé la CB pour un joujou à 250 euros, et honnêtement, à ce prix-là, tu me feras pas croire que c'est un truc destiné aux enfants, me prends pas pour une bille, tu seras gentil.
J'ai bien réfléchi, et je me dis que celui (ou celle) qui s'achète une Wii, ou une autre console puisqu'elles sont encore plus chères, c'est pas pour quelqu'un d'autre que lui-même. Donc, pas de problème, pas de raison de culpabiliser pour ça.
Et puis d'ailleurs, avec tout ce que j'ai économisé sur toutes les consoles que je n'ai jamais eu avant, j'ai bien le droit de me lâcher un peu à trente ans, là.
Alors oui, j'ai une Wii, et si t'es pas content, c'est pareil.
Et si j'ai légèrement négligé de donner des nouvelles ici, j'assume, c'est qu'après le stage au ski et le stage à la mer, je suis parti en stage à Hyrule , et crois-moi ça prend un temps considérable, même que j'ai pas fini.
Mes nuits sont plus no-life que vos jours, en ce moment, c'est clair.
Mais ça va se calmer.
La preuve.

Là-dessus, je vous laisse, ce serait quand même pas mal que je fume sa race à Xanto d'ici à demain.

dimanche 28 janvier 2007

Bitchin' about bitches (juste pour commencer)

Je ne sais pas ce qui m'arrive depuis quelques jours, mais j'ai tendance à me retrouver plus souvent qu'à l'habitude embarqué dans des conversations d'un genre un peu particulier. La thématique de base en est assez primaire, on peut la résumer comme suit: "Y'a pas, les gonzesses, c'est vraiment pas des gens comme nous" (étant entendu que "nous" désigne la portion masculine de l'humanité, et "les gonzesses" le camp d'en face).
Ce qui ressort des ces débats dont la portée philosophique s'approche à l'aise Blaise de la stratosphère, c'est le constat alarmant que décidément, on n'est pas fait pour s'entendre, faute de pouvoir se comprendre. Et que surtout on ne peut pas dire que ce soit la faute des mecs, si vous voyez c'que j'veux dire. Ouaip, si petit à petit la perpétuation de l'espèce se voit de plus en plus menacée, c'est quand même un peu la faute des meufs, c'est comme ça, on n'y peut rien...
Enfin bon, dans la mesure où j'ai tendance à supposer qu'une bonne partie de mon lectorat est de sexe féminin, je ne vous livrerai pas le détail de nos arguments imparables, ça risquerait d'énerver tout le monde.

Tout ça pour dire que ce samedi soir a débuté par une bonne session de bitchin' about bitches, particulièrement savoureuse en raison de la présence d'une seule donzelle au milieu de trois mecs pas franchement décidés à jouer la carte de la compréhension mutuelle. La donzelle en question présentant l'étonnante caractéristique d'être plutôt carrément d'accord avec nous autres velus pour dire que les nanas, c'est quand même des gens cheloues.
Enfin bon, comme du coup on était tous globalement du même avis et que deux des intervenants présents ont en plus depuis fort longtemps atteint le stade du plus puisqu'affinités, la conversation a vite perdu de sa fougue.
Et ça tombait bien, vu qu'on n'était pas venus là pour ça.
Si mon ami B-Boy et moi-même nous avions décidé de venir nous perdre dans les bas-fonds de Cergy-Saint-Christophe pour y passer la soirée chez Madame et Monsieur professeur des écoles, c'était pas pour y perdre notre temps avec des histoires de gonzesses.
Nan, on était venus tester la Wii.

Bon.
Si vous êtes capables de lire un blog, c'est que vous avez internet, si vous avez internet, c'est que vous êtes plus ou moins au fait des dernières nouvelles en matière de nouvelles technologies, je ne vous ferai donc pas l'affront de vous expliquer ici ce que c'est que la Wii, et encore moins vous coller un lien wikipedia pour plus de détails (chte jure, y'en a des qui font ça, parfois même des gens bien!), on va en venir directement au fait.
J'avoue, on s'est plutôt bien marré.
C'est finalement assez rigolo leur système de manettes. En tout cas ça change de l'ordinaire de la pratique des jeux vidéos. Par exemple, il me semble bien que c'est la toute première fois que je transpire en jouant à une console vidéo.
Si, si.
Véridique.
Et là, pas la peine de dégainer les Uzis à vannes, c'est pas une question d'être sportif ou pas. Certes, on ne peut pas dire que je le sois vraiment, mais mes deux compagnons testeurs d'hier soir ont tout autant transpiré que moi en essayant de marave la tronche à coups de gauches à ce salopard de Victor sur Wii Sports. Victor c'est un gros balèze au jeu de boxe, et je peux te dire qu'avant de le mettre au tapis t'as largement de quoi t'étouffer un brin.
Enfin en tout cas j'ai trouvé ça tellement sympa qu'à un moment je me suis dit "Tiens, et si pour une fois je m'offrais une console plutôt que de squatter celle de Madame et Monsieur professeur des écoles comme je fais d'habitude?" (Oui parce que chez eux, en général tu trouveras toujours le top de ce qui se fait de mieux sur le moment).
Du coup, ben, "Ah ouais, nan, c'est cool quand même, et dis moi, ça coûte combien déjà?".
...
'Tain.
S'font pas chier les mecs.
A moins que ma boîte décide subitement d'augmenter mon salaire de 200%, c'est pas le mois prochain que je m'en achète une...

En plus c'est pas le moment.
Je crois que j'ai trouvé ma bonne résolution pour 2007. Autant le dire tout de suite, je la trouve moi aussi complètement pourrite, mais je n'ai pas trouvé d'autre idée.
Le problème c'est que pour 2006 ma bonne résolution c'était d'arrêter de fumer, et que, comme quoi la vie est parfois cocasse, je m'y suis tenu! Et alors là franchement, dans le genre costaud, difficile de trouver quelque chose d'approchant. Y'a bien faire un enfant, mais ça c'est plutôt une résolution qui se prend à deux, et bon, voilà, il se trouve qu'en ce moment non.
Alors quoi?
Perdre du poids? Je sais pas pourquoi, j'ai peur que ça ne fasse que moyennement viril, et pour une raison ou pour une autre cette idée ne me convient pas.
Faire du sport? Pffff... Une bonne résolution, il me semble que c'est quand même partir vers un truc dont on a un minimum envie. Dur, certes, mais enthousiasmant. Et franchement, moi le sport, hein. Tu vois, arrêter de fumer en réalité j'aime pas trop ça, mais d'un autre côté, l'envie de ne pas mourir prématurément dans d'atroces souffrances est plus enthousiasmante que l'envie de continuer à fumer, donc ça le fait. A la limite, si quelqu'un réussit à me démontrer par A plus B qu'en ne faisant pas de sport je mets ma survie en péril, peut-être que ça me motiverait...
Ah oui, tiens, au fait, arrêter de fumer, je trouve ça toujours aussi nul, je continue à développer mon nouveau caractère de connard tout en prenant une moyenne d'un kilo par semaine et en voyant mon acné juvénile refleurir comme au temps de mes quinze ans (j'en avais pas beaucoup à l'époque, mais à trente ans, ça gave un peu). Pourtant, depuis le début je m'oblige à me dire que je ne refumerai plus jamais. Jusqu'à le semaine dernière je me demandais bien ce qui pouvait me motiver alors que tout me poussait à reprendre, et puis soudain, vraiment d'un coup, j'ai réalisé: en fait je ne veux pas mourir. C'est basique comme un message de prévention, mais c'est vraiment ça.
Voilà, quoi.

Donc sinon, ouais, ma résolution pour 2007.
Enfin bon, résolution... C'en est pas vraiment une, dans la mesure où elle n'a pas été solennellement proclamée durant les premières minutes de l'année une coupe de champagne à la main. Oui, sur certaines choses, je suis capable de me montrer extrêmement protocolaire. Et puis encore une fois, c'est tellement tout petit comme décision, que bon, appeler ça une résolution c'est un peu larchouma en fait.
Ouais, plutôt que ma bonne résolution pour 2007, on va appeler ça "le truc que je vais essayer de faire en 2007, mais en même temps, si j'y arrive pas c'est pas la mort non plus".
Ah oui, très bien.
J'aime beaucoup.
Le côté "importance inversement proportionnelle au nombre de mots nécessaires pour décrire la chose", je trouve le paradoxe tout à fait délicieux, n'est-ce paaas...
Pouf pouf.
Brouhoum brouhoum, teuheu teuheu.
Alors voilà, le truc que je vais essayer de faire en 2007, mais en même temps, si j'y arrive pas c'est pas la mort non plus, c'est de gérer un peu mieux mon argent.

Une pause pour s'en remettre.

J'vous l'avais bien dit que c'était tout pourri.
Puisqu'on y est, autant développer un peu.
Ma quête épique pour les douze mois à venir se résumera donc au fait d'essayer d'arrêter de claquer mon fric sans réfléchir, et du même coup réussir à en mettre de côté. En voilà un programme qu'il est excitant, non? Le plus beau c'est que si j'y arrive, ça ne me servira à rien.
Chtesplique.
En ce moment, je n'ai pas vraiment de grand projet, du moins pas avec de l'argent dedans. J'ai pas l'intention de fonder ma boîte, j'ai pas spécialement envie de m'acheter une nouvelle caisse, et je peux pas m'acheter des murs à moi pour y habiter. Petite parenthèse, sur ce dernier point, au cas où certains parmi vous envisageraient de me faire la leçon en m'expliquant qu'acheter, même petit, c'est hachement plus mieux que de continuer à jeter son fric par les fenêtres en louant, d'autant qu'après il est toujours temps de revendre pour acheter mieux, je préciserai simplement ceci: l'appartement où je crèche coûte au minimum 250.000,00 euros (fourchette basse minorée), et y a pas moyen que je m'installe dans un endroit moins bien. J'ai pas les moyens de mes ambitions en tant que propriétaire, mais en tant que locataire ça se passe très bien, merci. De toutes façons, et pour peu que Dieu me prête vie, mes parents mourront probablement avant moi, leur héritage m'évitera donc de dormir dans la rue, même si en ce jour que j'espère le plus lointain possible je ne suis toujours pas devenu propriétaire de mon logement. Fin de la parenthèse.
Donc si je mets du fric de côté ça me sert à oualou.
Et pourtant, pour une raison ou pour une autre, je me dis que ça serait bien que j'essaie.
Et si ma fâcheuse tendance à claquer mon fric plus vite que mon ombre cachait en fait quelque chose, hum? Ca serait plutôt la classe de trouver quoi et de trouver le problème, nan?
J'espère que c'est pas juste un truc du genre "Tout au fond de toi tu n'est qu'un sale radin"...

Avant de me lancer dans ma nouvelle vie façon Harpagon, je me suis offert un dernier feu d'artifice dépensier. Je crois que je vous ai déjà parlé de mon tout premier ordinateur portable (sur lequel je ne désespère pas de pouvoir installer Linux, après avoir tenté avec succès de lui coller une FreeBSD), je lui ai trouvé de nouveaux amis.
Mon tout premier appareil photo numérique ayant rendu l'âme pendant les fêtes (après seulement trois ans et demi si c'est pas malheureux!), je lui ai trouvé un remplaçant carrément miamslurp si tu vois ce que je veux dire. Je n'ai pas fait péter le reflex, faut pas non plus s'emballer, m'enfin bon, pour un compact, je me suis bien fait plaize. A un moment je me suis même dit que j'allais changer le layout de ce site en m'efforçant de faire une photo qui tue par post, y'en a des qui font ça et c'est carrément trop la classe. Et puis je me suis souvenu que c'était pas parce que l'appareil était meilleur que l'inspiration allait l'être aussi. Donc bon. Pour l'instant on en reste à ce thème si sobre et original à la fois. Mais on ne sait jamais.
Sinon j'ai fait douler le lecteur MP3. Ouais. Encore un. Mais pas pareil que les deux autres. Déjà les deux autres y'en a un c'est pour la musique à la maison vu qu'il sort un son qui tabasse sa race. L'autre c'est plus pour la vidéo, mais j'ai pas encore pris le temps d'apprendre à bien m'en servir (ouais, c'est un cadeau, que j'avais même pas demandé en plus, du coup je traîne un peu des pieds, c'est normal). Les deux sont plutôt du genre "modèle-jumbo" avec leurs 30 Go de capacité de stockage chacun. Le petit nouveau, c'est un truc dont je n'imaginais pas qu'on puisse coller 2 gigas dans un bidule aussi minuscule. Grand comme mon pouce, le machin! Et là, vous vous, dîtes, à quoi bon? Ben pour aller courir, tiens. Ouais pasqu'en fait au moment où je l'ai acheté, j'étais encore en train de me demander si le sport serait ma bonne résolution pour 2007 ou pas. Même qu'une fois je suis allé courir pour de vrai avec. C'est à cette occasion que j'ai décidé que faire du sport c'était trop une bonne résolution de merde. Enfin du coup, maintenant j'en ai un. Un truc de plus dont on peut se demander pourquoi j'en ai un, mais qui me permet de dire que j'en ai un. Cherchez pas, des fois je ne me comprends pas très bien non plus. Mais j'y travaille.

A défaut de me faire comprendre un peu mieux, j'ai été invité par une gamine de passage (ne me remercie pas, petite) à éventer un peu l'aura de mystère qui nimbe d'ordinaire mes parages immédiats. L'idée, si j'ai tout bien compris, c'est que je vous révèle ici 5 choses que vous ignorez à mon propos.
Y'en a bien une que j'aurais pu vous dégainer là comme ça de but en blanc, mais ça n'ira pas, vu que certaines personnes sont déjà au courant, mais je vais vous le dire quand même parce que ça a des conséquences que je m'en vais vous détailler.
A une époque pas si lointaine, puisque c'était quelque part entre 2005 et 2006, j'ai déjà eu une de ces petites choses qu'on appelle un blog. Même que ça s'appelait Somnifère et que c'était une chouette expérience. D'après mes estimations, deux personnes qui me rendaient visite sur Somnifère viennent de temps en temps jeter un oeil sur mes chimineks.
Il se trouve qu'au temps de Somnifère, j'avais répondu à une invitation à dévoiler 20 trucs inavouables me concernant. Et si je me souviens bien, je m'étais pas foutu de la gueule de la clientèle, j'avais vraiment dégainé de l'inavouable, ma foi d'un fort beau gabarit (mais rigolo quand même, on n'est pas là pour casser l'ambiance, hein). Or suivez bien mon raisonnement, dans ces 20 trucs inavouables, il y aurait certainement eu de quoi piocher pour vous fournir 5 trucs que vous ignorez à mon propos... Sauf que.
Et oui, les deux personne sus-citées!
A cause d'elles, pas moyen de ressortir ne serait-ce qu'un truc parmi les 20. Et au-delà de ça, en plusieurs mois d'écriture sur Somnifère, à un rythme autrement plus effréné que celui que je pratique ici, croyez moi elles ont eu largement de quoi apprendre des trucs sur moi dont j'ai jamais causé ici!
Alors que faire?

Faire comme si ces deux personnes n'existaient pas?
Ce serait mal nous connaître, moi et mon considérable respect du lectorat.
Non, malheureusement, je crois que je vais devoir faire l'impasse sur les révélations toutes plus croustillantes les unes que les autres que j'ai déjà faites sur mon blog précédent...
Par respect pour vous, et par honnêteté intellectuelle.
Si, si.
Je vais donc devoir chercher un peu.
Refaire le point avec moi-même.
Consulter mes archives.
Peser le pour et le contre.
Réfléchir au visage que je suis prêt à montrer au monde...
...
...
Mais nan, j'déconne.
Allez, on va se faire ça vite fait sur le gaz, j'vais bien trouver 5 trucs avant le début du film du soir!
Attention, hein, je vais quand même m'en tenir à ce que j'ai dit sur ce que j'ai déjà dit et que je ne peux pas redire, hein.
Laisse béton, va au paragraphe suivant, c'est là que ça commence.

1. Je chausse du 42.
Du moins la plupart du temps.
Des fois c'est du 43, mais plus souvent du 42.
A part une paire, je crois bien que toutes mes chaussures du moment sont du 42.
Et ça, je vois pas comment vous auriez pu le savoir.

A suivre....
(Ouais, nan, finalement, j'ai pas trouvé avant le début du film...)

vendredi 15 décembre 2006

Ce qu'il y a de neuf

Ah ben elle est pas mal, celle-là... Cet après-midi j'ai sans doute fait le rêve le plus nul de l'année. Pour faire court, en gros, j'ai rêvé que je rédigeais un billet pour mon site, genre un peu comme là, quoi. Sauf qu'à l'inverse de ce qui s'annonce, j'étais comme touché par la grâce littéraire, je n'étais plus qu'inspiration, l'enchaînement des mots sur l'écran touchait tout bonnement à la perfection.
Bien évidemment ça ne pouvait pas durer, à un moment je me suis réveillé, et c'est donc tombé pendant ce rêve.
Première réaction: "Non mais qu'est-ce que c'était que ce rêve tout pourri? Ca va pas mieux, moi..."
Deuxième réaction: "Hé, mais attends, j'étais quand même en train d'écrire un truc trop carrément génial dans ce rêve, y'a peu-être moyen d'en faire quelque chose IRL..."

Et là, c'est le drame.
(Pour ceux que ça saoûle de tout lire, rendez-vous à l'avant-dernier paragraphe, y'a un résumé du billet)

Vous allez trouver ça dommage (non ne vous arrachez pas les vêtements, ne vous recouvrez pas de cendres, sachons raison garder), mais figurez-vous qu'il m'a été absolument impossible de me rappeler quel pouvait bien être la thématique de ce que j'écrivais dans mon rêve. C'est ballot, hein?
Du coup, ben voilà quoi, je me retrouve à vous faire une superbe introduction vous détaillant par le menu mes difficultés à trouver l'inspiration. C'est un grand classique. Trop classique. Banal même. M'enfin, c'est sans doute un passage obligé dans la carrière de tout blogueur (ben oui, c'est bien ce que je suis, hein, finalement).
Alors allons-y gaiement, je m'en vais vous expliquer pourquoi je suis en ce moment même en train de me faire violence pour satisfaire vos voraces appétits de lecteurs (mais oui, je vous aime, tous, et surtout toutes). D'autant qu'il y a "Anaconda, le prédateur" sur W9, alors t'as qu'à voir...

Le fait est que depuis que j'ai trente ans, je me sens comme investi de nouvelles responsabilités. Comprenez-moi, c'est comme si d'un seul coup d'un seul j'avais endossé, sans avoir eu vraiment le choix, le costume de celui qui se doit d'arborer la vénérable sagesse inhérente à son âge. C'est vrai que ça fait beaucoup de grands mots pour simplement dire que je me fais l'obligation d'éviter de dire n'importe quoi, mais justement, ça fait partie du truc. Y'a plus moyen de kikoololer à tort et à travers, il me faut faire preuve d'exemple pour la jeunesse. Ce qui ne veut pas dire qu'il faut s'arrêter de dire des conneries, hein. Je peux toujours tout faire, le tout c'est de bien le faire, comme l'imposent mes 30 ans d'expérience de la vie.
Vous avez l'impression que j'ai décidé de me la jouer vieux briscard? Vous avez tout compris!
En fait je viens de passer d'un extrême à l'autre, comme je le fais pour beaucoup de choses dans la vie, sauf que là c'est pour quelque chose d'assez fondamental.
Tiens, je vais même changer de paragraphe pour vous expliquer ça.

"Quand je serai grand", en voilà une bonne phrase de gosse, hein? Pourtant je n'ai pas eu peur de m'en servir plus de dix ans après ma majorité. Une foule de témoins pourra attester du fait que jusque récemment, pour parler de mes ambitions professionnelles j'usais et abusais de la formulation suivante: "Oh moi, tu sais, je ne sais toujours pas ce que je ferai quand je serai grand".
Parce que le futur c'était loin.
Et puis c'était mieux.
Ou au moins différent.
Normalement il devait y avoir des voitures qui volent.
Et puis plein d'autres trucs qui ne sont pas arrivés, qui ne se sont pas déroulés comme je l'espérais, comme je l'aurais voulu.
Le temps passant, le futur espéré n'arrivant pas, je l'ai simplement remis à plus tard.
A un moment donné j'ai cru que j'y étais.
Bien sûr il y avait deux-trois trucs qui ne collaient pas, mais je m'en suis senti plus proche que jamais.
Et puis il s'est éloigné.
Je me suis trompé: là où j'aurais dû me rendre compte que j'espérais l'impossible, je suis accroché à l'illusion qu'un jour ça viendrait.
Tout seul.
Par miracle.
Sauf qu'un fois rendu à trente, l'évidence finit par s'imposer.
Ca y est.
Je suis grand.
Et les miracles n'existent pas.

Hé mais, attends un peu, coco, c'est qu'on est grave en train de s'éloigner du sujet là quand même! Alors, reprenons, donc ouais, comme j'ai trente ans, je ne peux plus me permettre d'écrire n'importe quoi, n'est-ce pas. Ceci étant dit, c'est pas l'envie qui me manque, il n'est qu'à voir le rêve décrit plus haut (si c'est pas le signe que je DOIS écrire quelque chose, je sais pas ce que c'est). Problème, l'inspiration vient à manquer.
Même si je n'ai pas hésité à vous abreuver de des pittoresques aventures qui jalonnent mon existence, je ne vous cache pas que la narration du week-end que je viens de vivre, tout entier consacré à célébrer mon anniversaire avec les différentes catégories de proches qui m'entourent, risquerait de manquer un peu de piquant.
En même temps, y'a pas grand chose d'autre à se mettre sous la dent...
Oserai-je?..

Là où c'est tout niqué, c'est qu'en vrai je vous ai déjà un peu tout dit la dernière fois... Je vous ai déjà expliqué le principe du superbe enchaînement faire à manger - manger - boire - dormir - faire la vaisselle - faire à manger - manger - boire - dormir - faire la vaisselle - faire à manger - manger - boire - dormir que j'ai effectué en moins de 48 heures.
Il y a cependant une chose dont je ne vous ai pas parlé et qui est tout de même hypra-importante en matière d'anniversaire. Non, parce que la conscience du temps qui passe (mais si, celle décrite un peu plus haut, là) c'est bien joli, mais en vrai le plus important c'est quand même les cadeaux!
Ouééééééé, les cadeauuuuuuux!
Permettez moi de crâner un brin, vu que j'vous f'rai dire j'ai pas eu que d'la merde cette année. Et encore, Noël n'est pas encore passé, hinhinhin, si vous me passez l'expression.
C'est parti pour la ronde des cadeaux!
On va faire ça en vrac, à cause que si je vous dis qui m'a offert quoi, ça ne vous dira rien puisque tous ces gens vous ne les connaissez pas. Le mieux c'est de faire une petite énumération à base de "le cadeau le plus gnagnagna", histoire de rendre ça un peu moins monotone qu'une liste de courses.

- Le cadeau le plus cher (ben quoi, c'est vrai, et puis ça veut pas dire que c'est le plus mieux) est un Archos 404 offert par l'un de mes parents, lequel n'était pas trop au courant que j'avais déjà un super lecteur MP3 de la mort qui tue de 30 Go, mais c'est l'intention qui compte n'est-ce pas. Bon, hé, en vrai, je vais pas faire ma précieuse, c'est un peu une tuerie ce petit joujou-là, ça fait lecteur MP3 of course, mais ça fait aussi lecteur vidéo, et surtout enregistreur! Genre ça peut remplacer un magnétoscope, tu vois le délire? Ouf' nan? On m'a offert la possibilité de le rendre à la Fnouc et de prendre autre chose à la place si ça me plaisait pas, mais franchement, je vais le garder, ne serait-ce que pour frimer devant les potes et collègues mâles de moins de 40 ans (ouais pasque les gonzesses et les vieux, ce genre de gadget ça les impressionne pas du tout, c'est bien dommage, surtout pour ce qui est des nanas, vu que ça me faciliterait pas mal la drague).
- Le cadeau le plus pratique c'est une télécommande universelle programmable. Alors oui, je sais, ça peut paraître un peu nazebroque comme cadeau, genre pas super-fun, mais en vérité, c'est super bien trouvé! Oui, car dans mon salon, entre les différents appareils audio/vidéo qui le peuplent, on arrive tout de même à réunir la bagarelle de six télécommandes, alors hein, c'est quand même hachement plus mieux de n'en garder qu'une, non? Et puis si ça me fait plaisir, hein?
- Le cadeau le plus humouristique, c'est (ce sont?) les trois premiers livres de Kaamelot. La vache, qu'est-ce que ça peut me faire rire...
- Le cadeau le plus musical et aussi le plus qui va m'obliger à sortir de ma grotte, ce sont des places pour un concert de Sanseverino pas bien loin de chez ouam en janvier. Six places. N'allez pas imaginer que je connais une personne généreuse au point de m'offrir six places de concert, non ce sont cinq petits malins qui se sont dit que ce serait cool de m'offrir leurs places, plus une pour moi, histoire de marquer le coup... Hé n'empêche, en vrai, trop cool comme cadeau, vu que Sanseverino c'est grave ma tasse de thé.
- Le cadeau le plus beau c'est un blender Kenwood avec un design staïli années 50, genre base en métal peint rouge (mais ouaiiiiis...) et récipient en verre ultra épais que si j'ai envie de mettre des glaçons dedans il ne bougera pas. Il paraît que je pourrais faire des soupes avec, mais je sais pas pourquoi je sens que ça va plus partir en vrille façon milk-shake ou coktail, stuvoiskeujveudire. Enfin en tout cas il a la classe totale, il faut vraiment que je me dépêche de refaire la peinture de la cuisine pour aller avec.
- Le cadeau le plus tu vas voir comment je vais pouvoir me la péter avec ça, c'est un CD de musique classique, la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak, dirigée par Karajan. Bon, c'est vrai que j'ai plutôt tendance à la préférer sous la direction de Sir Georg Solti qui est quand même un peu moins une brute que Karajan, mais on va pas pinailler, hein...
- Le cadeau le plus culturel c'est un coffret anthologie de Bob Marley en 5 CD. Je dis culturel, parce qu'autour de moi j'ai pas mal d'énervés du reggae (enfin bon, quand je dis énervés...), ça va me permettre de me mettre un peu à niveau.
- Le cadeau le plus mural c'est une horloge murale. Elle est rouge. A croire que les gens se doutent de quelque chose... Pareil que le blender, elle sera très bien dans la cuisine dès lors que je l'aurai retapée.
- Le cadeau le plus invraisemblable est un jean ramené du Venezuela. La marque c'est Live States. Comme c'est un peu long à dire, on fait plus court en disant Live's. C'est d'ailleurs ce qui est noté sur la petite étiquette rouge au niveau de la poche arrière droite. Pour être tout à fait précis, il s'agit d'un Live's S01. Ouais chtejure. Limite je me demande si je vais pas faire des photos du machin et les publier ici, peut-être que vous pourriez me dire si ça ne vous rappelle rien...

Après, il y a un dernier cadeau, celui que je me suis fait à moi même. Ouais, je sais pas, j'avais l'impression de pas en avoir eu assez. Nan j'déconne.
Non, je me suis fait un petit plaisir. Un petit plaisir de trentenaire.
Eum'suis offert un petit portable. Pas téléphone, ordinateur. Mon tout premier.
J'avoue que c'est assez cool. Même que là maintenant tout de suite je suis en train de taper mon premier billet écrit depuis le canapé. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, euh non rien.
Bon pour l'instant c'est un peu relou puisque je dois retourner sous XP, à cause que y'a pas moyen d'installer Linousque pour une sombre histoire de module ethernet pas à jour, ou pas compatible, je sais pas, mais en tout cas ça freeze la bête au moment de l'install, je vous raconte pas comment ça me saoûle, mais il semble que ça s'arrangera avec le noyau 2.6.19, lequel n'est pas encore celui utilisé dans l'install par défaut de ma distro préférée donc il faut patienter. Que ceux qui ont compris la dernière phrase lèvent la main, ça me permettra de voir avec qui on peut discuter, ici.
Et puis bon, allez, c'est rigolo finalement de devoir se réinstaller un antivirus, un anti-spyware, de faire des mises à jour de sécurité cabalistiques tous les deux jours... enfin Windows, quoi! Ca rappelle des souvenirs...

Bon, hé, n'empêche voilà, ni vu ni connu j't'embrouille, j'aurai réussi à vous dégainer de quoi vous ruiner un peu les yeux en essayant de déchiffrer mes bafouillages dactylographiés.
Bon pour ceux qui eu la flemme de tout se fader (ou juste qui n'ont pas leurs lunettes sur eux) et qui sont directement descendus à cet avant-dernier paragraphe, je vous fais le petit résumé promis.
Pour commencer, l'auteur a expliqué qu'il avait du ma là trouver l'inspiration en ce moment. Après quoi il a dit son envie d'écrire, mais d'écrire un truc un peu chiadé faut pas déconner quand même à trente ans on ne peut plus faire n'importe quoi vu que c'est quand même un âge où il faut avoir conscience de certaines réalités. Ensuite il a énuméré la liste des cadeaux reçus pour son anniversaire histoire de meubler. Ah et pis il s'est acheté un portable aussi. Après y'a ce résumé. Et après le résumé il est probable qu'il souhaitera une bonne nuit à tout le monde.

Bon, allez, bonne nuit tout le monde.

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