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  <title>Chimineks</title>
  <link>http://www.chimineks.net/</link>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 19 Jul 2008 22:59:40 +0200</pubDate>
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    <title>Nouvelles du front</title>
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    <pubDate>Mon, 21 Apr 2008 13:38:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>thomas</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Ce n'est pas que je ne veuille pas faire l'effort. C'est juste qu'en ce moment, dans ma boîte, c'est un peu la guerre. Et que dans tout ça, je me retrouve un peu sur le front. Je ne sais pas comment ça va se finir. En tout cas, pas tellement envie d'en causer ici pour l'instant. Ce qui tombe assez mal vu que c'est, en gros, l'essentiel de mes préoccupations actuelles. Ca, et Mario Kart, parce que hein bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenez soin de vous, camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et souhaitez-moi de bonnes vacances, vu que dans une semaine, n'est-ce pas.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Oui mais en fait non (ou peut-être que si, mais rien n'est moins sûr)</title>
    <link>http://www.chimineks.net/post/2008/03/11/Prout</link>
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    <pubDate>Wed, 12 Mar 2008 01:39:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>thomas</dc:creator>
        <category>La loose</category><category>Le quotidien du super-héros</category><category>Vraiment pas banal</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Tout le monde a entendu parler du Triangle des Bermudes. En V.O. &lt;em&gt;Bermuda Triangle&lt;/em&gt;, que l'on peut traduire par &lt;em&gt;triangle du bermuda&lt;/em&gt;, ce qui ne rime pas à grand-chose puisqu'à la différence du slip brésilien qui en a deux, le bermuda n'a pas de triangle. Ahum. Et donc, là, maintenant tout de suite, sans même regarder sur Gougueule ni Ouikipédia, je suis capable d'affirmer que le Triangle des Bermudes désigne une zone maritime, située genre dans les environs des Bermudes, et de forme genre à peu près triangulaire. Même qu'au cours de l'histoire récente, des avions et des bateaux y ont mystérieusement disparu, sans qu'on ne les retrouve jamais. Si ça vous fait marrer ou que nous n'avez pas envie de vous taper encore un film de Bud Spencer et Terence Hill sur Direct8, vous pouvez toujours aller faire des recherches complémentaires sur le net, mais pour la compréhension du sujet du jour, ce n'est pas indispensable. Tant que vous avez capté le coup des avions et des rafiots qui s'évanouissent sans crier gare, ça devrait aller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la même façon que les bermudas, dont ils sont les grands-frères aux jambes plus longues, mes pantalons n'ont pas de triangle. Par contre il semblerait que l'un d'entre eux soit doté d'une caractéristique particulièrement étonnante, j'en ai fait la découverte pas plus tard que vendredi dernier. Etant plutôt du genre terre-à-terre, je n'ai pas l'intention de m'user les neurones pour échafauder quelque théorie fantaisiste concernant le phénomène dont je fus victime. Pour moi les choses sont claires, et facilement explicables. De mystère, il n'y a point. Allez, je vous la fais courte. Il me semble évident que la poche avant-gauche de mon pantalon en velours renferme une faille spatio-temporelle pouvant faire disparaître les objets qu'elle contient dans un univers parallèle. Ou les faire voyager dans le temps, je n'ai pas encore fini mes calculs. Toujours est-il que j'ai perdu mes clés, et que je ne trouve pas d'explication plus plausible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se trouve qu'en guise de porte-clés, j'utilise un massif mousqueton d'escalade, souvenir glorieux du temps lointain où j'étais un rude sportif, très beau et très bien fait. L'avantage de cet énorme porte-clés, c'est qu'il m'est impossible de le perdre. Bien souvent, je l'ai dans une poche, et j'ai dans l'autre une quincaillerie abondante de centimes d'euros. Du coup, quand j'approche de ma démarche souple et nonchalante, on m'entend arriver. Au niveau du bruit, on hésite entre le Père Noël avec ses rennes ou un cow-boy façon Sergio Leone... Tout ça pour dire que je n'ai pas de mal à savoir si j'ai mes clés sur moi ou pas. Cela me vient sans doute du fait que gamin, j'avais juste une clé autour du cou. Et oui, en ce temps là, une seule clé suffisait il n'y avait pas d'interphone ou de digicode au bas des immeubles, et on se contentait d'une serrure à la porte de son logement, sans qu'il soit besoin de s'équiper en verrous supplémentaires ou autres portes blindées... Nan, je dis pas que c'était mieux avant, je dis juste que c'était pas pareil. OK, j'arrête. Bref, à force de galipettes, de déli-délos endiablées et autres randos sauvages en vélo-cross dans le bois de Cergy, je l'ai perdue plus souvent qu'à mon tour, cette clé. En soi ce n'était pas bien grave, mais le petit garçon anxieux que j'étais s'en faisait toute une montagne. C'est sans doute là l'origine de ma groportecléphilie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes clés sont toutes accrochées à des anneaux. Un anneau pour les clés
de ma belle italienne aux reflets d'argent, un autre pour celles de
chez moi, un autre pour celles qui peuvent temporairement m'être
confiées ou utiles (genre clés de chez les parents, de chez des amis, de la cave)...
Chaque anneau est lui-même passé dans le mousqueton décrit plus haut,
qui, pour être tout à fait précis, est un mousqueton de dégaine, c'est à
dire un truc ultra-secure, ultra-solide, à base de ça peut te sauver
la vie un machin comme ça. En tout cas, moi ça m'empêche de perdre mes clés, donc c'est tout comme. Du moins&amp;nbsp; c'était ce que je croyais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi dernier, en fin d'après midi, j'ai eu une course à faire. Je suis donc sorti de chez moi, j'ai fermé la porte à clef, ouvert ma voiture, démarré ma voiture, roulé jusqu'au Shopi de chez Van Gogh, garé ma voiture sur le parking, refermé ma voiture, fait mes courses, payé mes courses, rouvert ma voiture, redémarré ma voiture, refait le trajet en sens inverse jusque chez moi, garé ma voiture devant l'immeuble, rerefermé ma voiture, et enfin tenté d'ouvrir la porte de mon immeuble. Tenté seulement. Parce qu'en fait, en ressortant mes clés de ma poche, je me suis aperçu que l'anneau contenant les clés de chez moi n'était plus là. C'est-à-dire que je n'ai pas perdu mes clés, j'ai juste perdu &lt;em&gt;un bout&lt;/em&gt; de mes clés. Ce qui est juste tout à fait impossible si l'on s'en tient aux lois physiques communément admises en tant que celles régissant notre réalité. Normalement ça ne se peut pas. Avec celles de ma belle italienne aux reflets d'argent, les clés de chez moi sont celles qui ne quittent absolument jamais mon porte-clés. Mais genre jamais pour de vrai t'as vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attention, je ne suis pas parfait. Ca se saurait. J'ai moi aussi droit à l'erreur. Les perdre toutes, avec le porte-clés, ne me paraissait pas impossible. Hautement improbable, mais pas impossible. Je veux dire, ça peut arriver à tout le monde après tout. Ce que je ne parviens pas à m'expliquer de façon raisonnable, c'est comment est-ce que j'ai pu perdre un seul anneau de clés à la fois! En même pas une heure. Et en ayant conservé en permanence mon mousqueton dans ma poche. Et donc les clés avec. Solidaires. Toutes. Sur le moment, j'ai bien sûr retourné mes poches quinze mille fois, passé ma belle italienne aux reflets d'argent au scanner, fouillé mon slip juste pour être sûr, refait le parcours à pied à cheval et en voiture, interrogé tous les suspects potentiels de les avoir retrouvés... En vain. Comme je commence à me connaître finalement assez bien, je me suis dit qu'il valait mieux je j'évite de m'énerver pour rien en cherchant le pourquoi du comment tout en me traitant de connard. Autant partir du principe que mes clés étaient perdues, point barre, et essayer de trouver une solution constructive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'irréductible locataire, il m'arrive parfois de me prendre le chou avec certains de mes toujours plus nombreux amis propriétaires. Ou collègues. Ou membres de ma famille. Enfin pas mal de monde, quoi. Parmi les propriétaires, on trouve en effet une frange importante et importune de mous du bulbe prêt à te tomber sur le râble à la première occasion pour te rappeler à quel point tu as tort de continuer à foutre ton pognon en l'air en restant locataire alors qu'être propriétaire c'est tellement plus mieux. Vous n'ignorez pas que je suis gentil. Je n'ai donc pas le &quot;&lt;em&gt;lâche-moi la grappe et touche à ton cul, connard&lt;/em&gt;&quot; facile. Pour rester fidèle à moi-même, je m'astreins donc à expliquer patiemment à chacun de ces ayatollahs de l'accession à la propriété que si je continue à louer, c'est faute de moyens, pas de volonté. En général, c'est suffisant, mais il reste une portion d'abrutis qui refuse de comprendre que je préfère continuer à louer mon F3 charmant et bien situé en centre-ville plutôt que d'investir dans un F1 déprimant, loin de tout et de tout le monde, avec comme seul et unique motif de satisfaction le plaisir incommensurable d'être propriétaire d'un crédit sur 30 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant que mon pouvoir d'acheter un appartement ou une maison soit au rendez-vous comme promis peu avant mai 2007 par un mec aujourd'hui supposément haut placé, je reste locataire et satisfait de l'être. J'ai donc une propriétaire. C'est-à-dire que l'appartement que j'habite, il est à elle, tu vois. C'est exactement ce que je me suis dit après avoir pris conscience que bordel de nouille, je n'ai jamais eu l'idée lumineuse de laisser un jeu de clés de chez moi à des potes. Oui, c'est toujours quand on se rend compte qu'on ne les a pas prises au bon moment qu'on
prend conscience de l'utilité fondamentale des précautions. Enfin bon, faute de proches en guise de solution de secours, je me suis dit que ma proprio serait celle d'où viendrait mon salut. Au pire, si elle n'était toujours pas revenue des sports d'hiver, j'aurais pu attendre son retour chez des potes. Après tout, j'avais sur moi mon kit de survie en milieu urbain (pour ceux qui ne le sauraient pas encore: carte bancaire, pièce d'identité et téléphone portable), avec en bonus les clés et les papiers de ma belle italienne aux reflets d'argent. Sauf que voilà, j'ai réussi à la joindre et j'ai appris à cette occasion que j'étais la seule personne de la galaxie possédant les clés de mon appartement. En tout et pour tout n'existaient que deux jeux de clés de chez moi: celui que je venais de perdre, et celui qui se trouvait dans le buffet de l'entrée. De l'autre côté de cette putain de porte fermée à clé. Youpi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces cas-là, puisque ça fait un peu partie de mon métier, je sais comment ça marche. T'appelles un serrurier, et tu fais tes prières pour qu'il réussisse à crocheter ta porte sans avoir besoin de tout bousiller, et donc de tout remplacer. Moyennant plus ou moins de pognon, ça va de soi. Pas de bol, moi ça a été plutôt plus que plutôt moins. Rapport au fait que ma serrure c'était franchement pas de la merde. Rassurant dans un sens. Sur le moment je n'en avais pas conscience, mais j'étais rudement bien protégé, ça oui. Dommage qu'il ait fallu tout arracher pour que je puisse rentrer chez moi. Oh, je n'étais pas attaché plus que ça à mon antique serrure trois points, mais enfin, comme je ne pouvais pas laisser un trou béant en guise de dispositif de sécurité, il a bien fallu que je me résolve à &lt;del&gt;la remplacer&lt;/del&gt; payer pour la faire remplacer. Je ne vous dis pas combien ça m'a coûté au total, c'est indécent. M'enfin disons que si je veux une PS3, je n'ai plus qu'à espérer qu'on se montre très gentil avec moi pour mon prochain anniversaire, parce que là, maintenant tout de suite, c'est clair que ça ne va pas être possible. Non, non, pas mal au cul, n'exagérons rien. Un peu blasé peut-être.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En même temps je ne peux pas tellement me traiter de connard sur ce coup-là, vu que normalement ça ne se peut pas. Le risque de prise de tête se situe plutôt au niveau de la recherche d'une explication à ce qui s'est produit pour amener à la disparition des clés de chez moi. Et juste de celles-là. Non, parce que ça ne se peut pas. Si, si, regardez, je l'ai déjà marqué avant. Et pas qu'une fois. Du moins, ça ne se peut pas si l'on s'en tient aux lois physiques qui s'appliquent à notre échelle et dans notre univers. En l'espèce, établir une théorie un peu &quot;exotique&quot; peut revêtir un certain intérêt dans la mesure où cela permet de se défaire de toute tentation de culpabilité, d'éviter ainsi des séances de dénigrement de soi aussi improductives que pénibles, et enfin de s'en tenir à la philosophie du &quot;&lt;em&gt;Bon,
ben c'est comme ça, c'est comme ça, hein, on n'y peut rien, on ne va
pas se mettre à s'arracher les cheveux pour un truc auquel on ne peut
rien changer&lt;/em&gt;&quot;. Les religions naissent comme ça, alors je vous en prie, je vous en prie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme spécifié au paragraphe troisième de cette publication, j'ai tendance à pencher pour la théorie du basculement des clés de chez moi dans un univers parallèle par le biais d'une faille spatio-temporelle intermittente située dans la poche avant gauche de mon pantalon en velours.&amp;nbsp; J'ignore comment il s'y est pris, mais parmi l'infinité de mes doubles habitant l'infinité des univers parallèles au nôtre, il s'en est trouvé un suffisamment malin pour trouver un passage entre nos deux dimensions et venir me chaparder mes clés. Sans doute parce qu'il avait lui-même égaré les siennes, ce con. Sympa, ouais, vraiment. Ah ça, ça se la joue gentil dans son petit univers de mes deux, mais en douce ça vient jouer les enfoirés chez les autres. Vive la France. Vingt sur vingt. Le jour où je me chope, j'me jure, je me fume. Je perds rien pour attendre. Je vais voir ma gueule, ouais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ahum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La théorie du voyage dans le temps me paraît beaucoup moins crédible. Venir du passé pour me chourave mes propres clés n'aurait pas de sens, puisque, aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais perdu les clés de mon appartement avant la semaine dernière. Et surtout je ne me souviens pas avoir fabriqué une machine à explorer le temps. Donc non. Il me paraît également impossible d'être venu du futur pour me prendre mes clés. Merde, si à l'avenir je suis suffisamment balèze pour inventer une machine à voyager dans le temps, j'espère bien que je ne serai pas assez con pour négliger le problème du paradoxe temporel au point de ne pas hésiter à venir triturer mon propre passé et prendre par la même le risque d'annihiler ma propre existence future... A moins que je ne sois piégé pour toujours dans une boucle temporelle. Si ça se trouve je n'ai pu avoir l'idée de la machine à remonter le temps que grâce à la visite que je viens de me rendre à moi-même. Ce qui fait qu'en réalité je l'ai déjà fait avant. Je veux dire avant par rapport à après. C'est-à-dire aujourd'hui. Enfin vendredi. Enfin un autre vendredi d'avant l'après qui s'est passé exactement comme celui d'avant. Je veux dire le dernier. Bref, la théorie du pick-pocket venu d'un monde parallèle est quand même vachement mieux. Je veux dire, le but c'est quand même d'éviter de se prendre le chou, hein. Donc c'est la bonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Après, pour le Triangle des Bermudes, je n'en sais rien, alors ne me demandez pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Là-dessus, je vous laisse, après deux billets en moins de 24 heures, un coup de pierre ponce au bout des doigts s'impose. Pas envie de gâter la douceur légendaire de mes mains à coups de corne façon plante des pieds, non mais.&lt;br /&gt;Bonne nuits les petits, et n'oubliez pas, pensez toujours à laisser un double de vos clés chez un proche, ça pourrait vous sauver la vie. Enfin la vôtre non, mais celle de votre serrure, peut-être. Ah, et tant qu'on y est, ne mets pas tes doigts sur la porte, tu risques de te faire pincer très fort.&lt;br /&gt;Que la force des cinq fruits et légumes par jour soit avec vous.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Adieu, petit</title>
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    <pubDate>Tue, 11 Mar 2008 17:45:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>thomas</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;En faisant le tri des mille et une merdouilles qui emplissent la chambre/débarras de mon appartement que j'ambitionne de pouvoir bientôt appeler mon bureau, je suis tombé sur une paire de chaussures vieille de près de quinze ans. Des Jordan VII. Le modèle Graphite-Bordeaux de 1992, jamais réédité depuis. Sans doute les plus belles Jordan jamais fabriquées... Totalement introuvables aujourd'hui, ou alors sur des sites d'enchères, à base de 700 dollars la paire, et encore, en pointure 47. Et moi j'en ai. Hahaha. Dommage qu'elles soient en pointure 22. Le modèle baby, quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens, à l'époque j'avais les mêmes en 42, et permets-moi de te dire qu'avec ça aux pieds j'avais une sacrée classe. Comme je pensais très fort à toi, je me suis dit que ce serait encore plus la classe que nous en ayons tous les deux aux pieds, alors je t'en ai acheté une paire. Pour plus tard. Pour quand tu serais là. Dans pas si longtemps que ça. Cinq ans c'est à la fois très loin et tout proche quand on en a dix-sept. Oui, je te voyais assez bien arriver pour mes vingt-deux ans. Tôt, mais pas tant que ça, après tout. L'idée, c'était que pour tes dix-huit ans j'en aie quarante. Je me disais que ça nous permettrait sûrement de mieux nous entendre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque part, chez ma mère, traîne encore sûrement une vieille paire de minuscules chaussures. Les premières que j'aie jamais portées. Je me souviens les avoir vues souvent quand j'étais môme. De temps en temps ma mère les ressortait, pas pour raconter une longue histoire, juste pour me dire qu'un jour j'avais été &quot;&lt;em&gt;petit comme ça&lt;/em&gt;&quot;. Il faut croire que l'idée m'avait plu et marqué, pour que j'aille jusqu'à te chercher une paire avant même que tu ne sois là. Des années avant, même. Quelle idée, n'empêche! Aller te trouver des chaussures un lustre avant
ta venue au monde, et en plus te choisir la même paire que celle de ton
papa! Sans compter qu'il nous manquait encore ta maman...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je te le dis honnêtement, je comptais sur toi pour m'en sortir. Parce qu'à l'époque, après la séparation de mes parents, c'était un tel merdier dans la famille que j'ai très tôt décidé qu'il n'y avait plus rien à espérer de ce côté-là. J'ai préféré parier sur l'avenir. Me dire que plus tard, quand tu serais là, ça serait vachement mieux. Qu'avec toi le mot famille reprendrait un peu de sens. A plus de trente ans, crois-moi, je vois bien ce que ce genre de projet pouvait avoir de débile et/ou naïf, mais tu sais, je n'avais personne d'un peu plus vieux que moi pour me ramener à la raison. Juste quelques copains compatissants, des ados comme moi, qui ressentaient bien le côté fumeux de mes théories, mais qui n'avaient pas les mots pour m'expliquer en quoi je me trompais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'avais tant besoin de toi, c'était pour fonder une famille, pour pouvoir sereinement tourner le dos à la mienne, sans culpabiliser. Je te voyais en bouclier humain très convaincant. Je voulais aussi brillamment réussir, là où mes mes parents avaient lamentablement échoué selon moi. J'allais jusqu'à me délecter à l'avance du moment où ils tenteraient de se mêler de ton éducation et où je pourrais les envoyer royalement bouler en leur expliquant en bonus qu'ils étaient les derniers sur Terre à pouvoir me donner des conseils en la matière. A base de &quot;&lt;em&gt;Hahaha, c'est moi le père, maintenant, alors allez vous faire foutre, OK?&lt;/em&gt;&quot;. Quand j'y repense, j'ai un peu honte. Pas vis-à-vis de mes parents, vis-à-vis de toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en parle avec du recul, mais à l'époque, j'étais convaincu que je serais pour toi le meilleur père que la galaxie ait jamais connu. Un peu comme mon père a dû croire qu'il pourrait l'être pour moi. Marrant quand on pense qu'un des principes directeurs de la méthode d'éducation que j'avais élaborée à ton intention était le suivant: surtout ne rien faire comme mes parents. C'est fou le nombre de mes traits de caractères dont je réalise aujourd'hui seulement que je les ai hérités de mes parents, alors qu'ils étaient ceux qui me révoltaient le plus... Enfin bref, te faire revenait à relever un formidable défi. Avoir quelque chose à prouver... Pas sûr que ce soit une raison valable de faire un enfant. Et rien ne dit que j'aurais réussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'entends ce que fait subir à ses parents l'abominable Leprechaun qui sert de fils à mes voisins du dessus, je me dis que je n'étais pas du tout prêt. Pas que je me dise que tu aurais été aussi infernal que ce petit monstre, non, mais j'avais tellement idéalisé ce que tu deviendrais par la grâce de mes talents incontestables de père, que je crois que j'aurais sans doute été déçu, d'une façon ou d'une autre. Inconsciemment, si ça se trouve, mais déçu quand même. Tu l'aurais certainement senti, sans pouvoir vraiment l'expliquer. En tout cas au début. Et puis un jour tu aurais compris. Et je crois que tu m'en aurais beaucoup voulu. Pas que je me prétende expert en psychologie de l'enfant, simplement j'ai un père. Alors je sais ce qui peut arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, tu n'es pas venu. A l'heure où j'avais envisagé de devenir ton papa, je vivais encore chez mon père. Comme quoi on peut se tromper. Pour autant, je ne désespérais pas de pouvoir un jour oeuvrer à ta conception. Quelques années après la naissance du projet, j'en étais resté aux mêmes idées. Je t'attendais pour pouvoir m'envoler. J'étais peut-être moins pressé. L'âge et l'expérience aidant, j'avais fini par enfin voir qu'il faudrait s'y mettre à deux pour te fabriquer. Instinctivement j'avais tout de suite décrété que point s'emballer il ne fallait, et qu'une mère, ça ne se trouvait pas en cinq minutes. Plusieurs filles ont eu droit à mes &quot;&lt;em&gt;je t'aime&lt;/em&gt;&quot;. Seule la dernière a fini, au bout de trois ans, par apparaître à mes yeux comme celle qui pourrait être ta mère. Avant que je puisse le lui dire, elle m'a expliqué qu'il valait mieux que notre histoire s'arrête là.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que tu es mort ce jour-là.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant mieux, on l'a échappé belle. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On était mal parti avant même que tu ne sois là.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'écris ça presque trois ans après, parce que j'ai pas mal réfléchi à la question. Sur le moment, crois-moi, j'en ai souffert. Tu étais bel et bien mort, et ça me faisait mal. Parce que je te croyais tout proche, sur le point d'arriver, autour de nous les bébés sortaient de partout, j'étais sûr que tu serais le prochain... Je me gourais. Aujourd'hui je me dis que c'est bien mieux comme ça. Tu ne m'as pas pourri la vie, sans doute même que je t'ai créé pour m'aider à tenir, mais il fallait bien que ça s'arrête à un moment donné. Faute de quoi ça aurait viré foireux, façon c'est l'histoire de la vie, le cycle éternel, tout ça, tout ça, mais justement c'est pas plus mal qu'on le brise ce putain de cycle. Certains schémas méritent de ne plus être reproduits. Et je ne me risquerai pas à essayer de prévoir si après moi viendra le mot &lt;em&gt;Fin&lt;/em&gt; ou un nouveau cycle. Laisser la place au doute, c'est bien aussi, parfois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je garde les Jordan VII, je ne sais pas si quelqu'un les portera, mais on s'en fout puisque tu ne verras jamais le jour. Tu ne m'en veux pas, tu n'existes pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adieu, petit.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Blazbro contre les Gens Pires</title>
    <link>http://www.chimineks.net/post/2008/03/04/Blazbro-contre-les-Gens-Pires</link>
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    <pubDate>Tue, 04 Mar 2008 02:43:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>thomas</dc:creator>
        <category>Blazbro</category><category>Chouette un concours!</category><category>Wesh Cousin</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Wesh cousine, fais péter la casquette de travers, relève une manche de ton futal Lacoste et dégaine ta plus belle démarche titubo-nonchalante, le moment est venu d'aller faire tes courses. Pareil pour toi, gros, si tu ne veux pas passer pour le dernier des teubés, 'va falloir aller pécho vite fait la dernière galette peura dont on cause dans le tiéquar. Tu peux tourner sur la tête de bonheur, reufré, tu peux shaker ton booty pour exprimer ta satisfaction, sista, car enfin, alors qu'on ne l'espérait plus, il est arrivé: &lt;em&gt;Blazbro contre les Gens Pires&lt;/em&gt; est dispo dans les bacs!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hahaha. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ca tue, hein? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, je ne sais pas pour vous, mais personnellement, dans la mesure où c'est le premier album d'un pote, je trouve ça un tout petit peu mortel. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scuze, hein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avoue, j'aurais pu me laisser aller à un peu plus de suspense avant de vous annoncer la nouvelle, mais c'est tellement énorme que je ne peux pas faire autrement que de vous le hurler cash à la face, sans précautions. D'autant que ça fait quelques semaines que je me retiens. Oui, parce que bon, le CD, avec sa boîte, sa pochette, son blister autour et tout et tout, ça commence à faire un petit moment que je l'ai découvert, et même un moment que je l'écoute. Si je me suis retenu d'en parler, c'est que j'attendais l'ouverture du site officiel, en me disant que je vous filerais le lien pour tous les détails. Sauf que bon, on va dire que pour le moment le dit site officiel est encore en cours de finalisation... Alors tant pis!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mémoire, au cas où vous seriez l'une des rares personnes égarées ici n'ayant pas pris soin de se délecter de l'intégralité de mes écrits sur ce site, j'ai déjà parlé de la vie et l'oeuvre de Blazbro par le passé , notamment dans &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.chimineks.net/post/2007/11/09/Poum-Tchak-Poum-Poum-Tchak&quot;&gt;ce billet&lt;/a&gt; où l'évocation de mon amitié avec un des ses membres, mon pote B-Boy (connu dans le milieu sous le nom de Belush), me permettait de signaler la sortie de la première et remarquable mixtape de Blazbro, cocassement intitulée Miss Tape (Dieu, que ces jeunes zyvas ont de l'humour, huhuhu). J'avais conclu mon billet sur une note de mystère époustouflante de subtilité, de sorte que tout le monde avait compris qu'un album était en préparation, mais chut! c'est un secret, 'faut pas le dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc, ça y est, c'est fait. Ils ont réussi à le faire presser leur skeud'. Maintenant, une question se pose: est-ce qu'il est bien au moins? Et ben franchement... Ils m'ont bluffé, ces cons! Ca, il faut bien le reconnaître, ils ont bien enfumé tout le monde avec leur histoire de Miss Tape. Genre style t'as vu, on a monté un petit groupe avec des copains, on fait des musiques sur le pécé du grand-frère, on s'enregistre dans la salle de bains, et vite fait mal fait on sort quelques chansons comme ça, pour rire, avec un myspace et tout, comme les vrais p'tits djeunzes ils font. Façon amateur averti, en somme. A l'époque tout le monde en était resté baba, moi le premier. J'en étais à dire qu'ils avaient tout bonnement atteint le niveau professionnel. C'est dire quel a pu être le choc en entendant l'album...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'en fait, en douce, ils ont bossé pour de vrai, les fourbes. C'est bien simple, leur son, il tue. Du côté des MCs, je pourrais me prendre la tête à essayer de trouver des formules à base de &quot;&lt;em&gt;l'un percute, l'autre swingue, et ce n'est même pas une histoire de se compléter, c'est juste que ça marche&lt;/em&gt;&quot;, mais à la vérité, j'ai un peu la flemme, faites-moi juste confiance si je vous dis que mon pote B-Boy/Belush et son acolyte Tedji cartonnent, aussi bien au niveau de la qualité des textes que de la façon dont ils sont déclamés. Du côté des prods (ça veut dire les musiques, en rap) on n'a que du bon, voire même du excellent pour beaucoup d'entre elles, et elles sont chaque fois sublimées par un mixage qu'on va, en toute simplicité, qualifier de parfait. Alors oui, c'est clair, on est quelques kilomètres au-dessus de la sympathique Miss Tape. En gros, y'a pas, je serais toi, j'achète. Direct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vous procurer &lt;em&gt;Blazbro contre les Gens Pire&lt;/em&gt;s, vous disposez de trois solutions:&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;&lt;li&gt;Connaître un des membres du groupe, ou un pote des membres du groupe, et lui filer 10 euros pour qu'il vous procure le disque à prix quasi coûtant,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Envoyer un petit courrier électronique au groupe, à l'adresse &lt;a href=&quot;http://www.chimineks.net/post/2008/03/04/mailto:blazbro@gmail.com&quot;&gt;blazbro@gmail.com&lt;/a&gt;, et on vous dira comment faire pour en recevoir un à la maison,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Venir faire un petit tour à la FNAC Cergy-Pontoise où le disque sera dispo à la vente et en écoute à partir de la semaine prochaine. En même temps, si vous n'êtes pas du coin, ça vous permettra de découvrir les charmes de la ville nouvelle: son centre commercial régional, sa base de loisirs, ses 3 gares RER...&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;En ce qui me concerne, je n'ai pas eu à payer pour me voir remettre l'album. En effet, on peut considérer que je fais pratiquement partie du groupe étant donné la contribution considérable que j'ai pu apporter lors de l'élaboration du disque. Certes, je n'ai composé aucune des musiques. Je n'ai pas non plus écrit le moindre texte. Je n'ai pas investi le plus petit centime d'euro pour permettre l'enregistrement ou la presse du disque. C'est vrai. Mais c'est moi qui ai trouvé le titre. Eeeeeeeeeeet ouais. Et ça coco, c'est hyper important. Pour ne pas dire LE plus important. En guise de reconnaissance, un petit skeud' gratos constituait donc un minimum syndical. Pour le coup, je me trouve d'ailleurs assez cool, j'aurais pu réclamer un pourcentage...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin bon. Puisque je me sens d'humeur primesautière ce soir, le moment est idéal pour vous proposer une quatrième façon de vous procurer cet album. En plus c'est la moins chère. Mais y'en aura pas pour tout le monde, loin de là.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, en ce mardi 4 mars 2008, la Direction Générale de Chimineks.net est heureuse de vous présenter le grand concours &lt;em&gt;Blazbro contre les Gens Pires&lt;/em&gt;, à l'issue duquel les heureux gagnants, au nombre de cinq, se verront offrir le premier album de Blazbro, un groupe qu'il est très, très bien. Les gagnants ne seront pas tirés au sort (t'as cru qu'on avait de quoi se payer un huissier, ou quoi?) mais sélectionnés en fonction de la rapidité avec laquelle ils auront su répondre correctement à la question suivante:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A quel film mémorable du patrimoine cinématographique français le rédacteur principal de Chimineks.net pensait-il lorsqu'il eût l'idée lumineuse de suggérer aux deux MCs de Blazbro le nom de leur premier album, &lt;em&gt;Blazbro contre les Gens Pire&lt;/em&gt;s?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous pensez avoir deviné la réponse, vous êtes invités à la donner par l'intermédiaire du formulaire de contact du site (&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.chimineks.net/contact&quot;&gt;par là&lt;/a&gt;). Encore une fois, les cinq premiers se verront offrir, pour zéro balle T.T.C., le premier album de Blazbro, parce que ça me fait plaisir, voilà, je suis comme ça, et pas de chichis entre nous t'as vu. Que les meilleurs gagnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Là-dessus, je vous laisse aller consulter les archives des Cahiers du Cinéma, en pouffant de rire à l'idée que vous puissiez espérer y trouver la bonne réponse pour le concours, et je m'en vais goûter au plaisir d'une nouvelle nuit de vacances pontoisiennes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;P.S.: Ah oui, au fait, si vous voulez écouter un peu de Blazbro, faute de site officiel, allez faire un tour sur leur &lt;del&gt;horrible affreuse regrettable mais nécessaire&lt;/del&gt; &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://www.myspace.com/blazbro&quot;&gt;super page myspace&lt;/a&gt;, et choisissez le morceau &lt;em&gt;Teaser album&lt;/em&gt; pour vous faire une (toute petite) idée du son de &lt;em&gt;Blazbro contre les Gens Pires&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Extra ball</title>
    <link>http://www.chimineks.net/post/2008/02/20/Extra-ball</link>
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    <pubDate>Wed, 20 Feb 2008 01:23:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>thomas</dc:creator>
        <category>Encore en vacances!</category><category>Introspection</category><category>Le quotidien du super-héros</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Ce soir je devais bosser pour la dernière fois du mois avant de prendre des vacances amplement méritées. Cependant, alors que je m'apprêtais à prendre mon service, il s'est avéré qu'à la faveur d'une amusante erreur de planning nous étions trop nombreux à être venus bosser. Toujours prompt à faire la preuve de ma légendaire abnégation dans ce genre de circonstances, j'ai pris sur moi de me porter volontaire pour rentrer à la maison et sacrifier ainsi une nuit de ce travail que j'aime tant. Physiquement et mentalement préparé à me taper une nuit quasi-blanche, me voilà donc seul chez moi à minuit du soir, sans rien d'autre à faire que zapper nonchalamment devant la téloche. Ou bien... Ou bien ça. Rattraper un peu de retard. Me dérouiller les doigts et le cerveau en tapant quelques lignes pour le plaisir des petits et grands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que je n'ai pas l'habitude de me lancer comme ça all'improvviso, sans la moindre idée de ce qui sera dit dans la phrase qui suit. Mais bon. On va le prendre comme un exercice intéressant. Un genre de freestyle littéraire. Ce n'est pas comme si je manquais de choses à raconter, que diantre. Quoique. Tout n'est pas bon à raconter. Dans ma vie. Oh, rien n'est inavouable. Dans ma vie. Mais tout n'est pas forcément digne d'intérêt. Dans ma vie. Hum. Que voilà un départ fulgurant. On est bien barré, là. A n'en pas douter, c'est de la notasse qui va déchaîner les passions, c'est certain. &quot;&lt;em&gt;Madame, Monsieur, j'ai l'honneur de vous faire savoir par la présente que mon quotidien récent est à ce point inintéressant que je préfère le passer sous silence plutôt que de vous en faire subir l'assommant récit&lt;/em&gt;&quot;. C'est bon, ça, coco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attention, je ne dis pas qu'il ne se passe rien. Mais que voulez-vous, mes problèmes de voisinage, mes soucis au boulot, mes histoires de famille, au bout d'un moment, j'ai plus envie d'en sortir que d'autre chose. Mais comment faire quand le cerveau n'est pas capable de sortir de ces thématiques dès lors qu'on lui laisse un peu de liberté de penser. Alors je préfère m'abrutir à coups de sport, de visionnage de films, de bouquinage, de Guitar Hero. C'est toujours mieux que de boire pour oublier. Mais la logique est la même. Et ça me dérange. De n'être pas capable de m'en dégager autrement qu'à travers ces formes de fuite. L'écriture n'est pas propice à la fuite. Ou à l'évasion, si on veut parler positif. Elle est le reflet de ce qu'on est, et en particulier des libertés qu'on arrive à s'accorder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regrette de ne pas savoir tout envoyer péter. De ne pas savoir n'en avoir rien à foutre. Savoir dire merde au monde entier, sans se préoccuper des conséquences. J'imagine que j'ai été élevé à coups de concepts aux antipodes de ça. Je n'ai pourtant pas eu à subir le moindre soupçon d'éducation religieuse venant de mes parents, mais je me suis toujours comporté comme si je ne voulais pas faire de peine au petit Jésus. Il faut être gentil et poli, veiller à ne pas heurter son prochain, se mettre à la place de l'autre et essayer de le comprendre, avoir du respect pour chacun et pour chaque chose, avoir la foi en l'Homme, se garder des à-priori... Et à force de tendre la joue, tout ce que tu finis par ramasser, ce sont des baffes dans la gueule. Alors à quoi bon?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gentillesse est un piège. Et je suis pris dedans. Parce que je ne sais plus faire autrement. Et parce qu'il est trop tard pour devenir méchant. Méchant pour de vrai. Même rien qu'un peu. Juste savoir être un connard de temps en temps. Le temps de te dire que ta vie je m'en cogne. Mais ça je ne peux pas. J'ai beaucoup trop peur que tu te cognes de la mienne. Alors je suis gentil avec toi. Pour que tu sois gentil avec moi. Le problème c'est que ça ne marche pas à tous les coups. Il ne suffit pas d'être gentil pour être aimé. J'ai même parfois le sentiment qu'être méchant revient au même. A croire qu'il se trouve des gens qui aiment ça. C'est une théorie. Les gentils aiment les méchants. Et les méchants aiment les gentils. Question d'équilibre. De complémentarité. Heureusement, la vie est plus compliquée que ça, autrement elle serait bien monotone...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis gentil. Je n'aime pas les méchants. Et encore moins les méchantes. Sans doute parce que celles que je préfère ce sont les gentilles. J'ai déjà eu à faire à de fausses gentilles qui finalement se sont révélées être des méchantes. J'ai aussi croisé des gentilles qui en fin de compte cherchaient plutôt un méchant. Mais, à mon grand dam, je n'ai pas croisé de vraie gentille qui cherche vraiment un gentil. C'est dommage, j'ai le profil idéal. Comme il est bon de schématiser. Surtout quand on est soi-même schématique. Nuances, nuances, nuances, que ne vous êtes-vous attardées sur ma petite personne? Juste une pincée, comme un sel de la vie. Globalement gentil, oui, mais pas soucieux d'infaillibilité, ça, ça m'aurait plu, bordel. Mais il est tard. Alors on fait c'qu'on peut avec c'qu'on a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Là-dessus, je vous laisse, je dois aller pleurer sur le fait que les vacances sont enfin là, mais que cette année, pour la première fois depuis bien longtemps, il me faudra passer des vacances d'hiver sans ski (et même sans rien du tout faute de caillasse, en fait). Si t'as un chalet à la montagne et que tu sais pas quoi en faire pendant les trois prochaines semaines, fais-moi un signe.&lt;br /&gt;Vas-y, fais pas ta pute.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Trop lourd à porter</title>
    <link>http://www.chimineks.net/post/2008/01/16/Trop-lourd-a-porter</link>
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    <pubDate>Sat, 09 Feb 2008 00:19:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>thomas</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Purée, c'est vrai que ça faisait longtemps, en fait. Plutôt que de me perdre en explications pas forcément nécessaires et/ou intéressantes sur le pourquoi de cet insupportable mutisme de ma part, je propose de reprendre là où on en était resté. Au moins pour le début.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prêts?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors on y va!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conformément à ce qui semble devenir une tradition de fin novembre/début décembre, les jours précédant la date de mon anniversaire furent très largement consacrés à me morfondre sur le temps qui nous échappe inexorablement tel la poignée de sable qu'on serre en vain entre ses doigts pour essayer de la retenir (le service des comparaisons poétiques est en grève, merci pour votre compréhension). J'ai comme l'impression que c'est de pire en pire chaque année. Un peu comme un genre de trac qui ne ferait que se renforcer à mesure que s'accumulent les levers de rideau (en grève, on vous dit!). Cette année encore, arrivé au jour tant redouté, alors que la veille on aurait pu me croire à l'aube de la réalisation de quelque funeste prophétie, le soufflé est retombé à la vitesse de l'éclair, et la phrase qui restera dans l'Histoire pour marquer cette transition d'un âge vers l'autre a été à peu près aussi grandiose que ça:
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;&lt;em&gt;Bon, ben on y est, on y est, hein&lt;/em&gt;.&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapidement suivie par:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;&lt;em&gt;Ah ouais, ouais, j'en reveux bien une petite goutte, tiens.&lt;/em&gt;&quot;&lt;br /&gt;(Il était question d'un Morgon 2006, peut-être un peu jeune)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, 31. Peut-être pas à la bourre, en tout cas pas en avance. De toutes façons il faut que j'arrête de me représenter ça comme une course.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A part ça, il ne vous aura certainement pas échappé qu'en dehors de mon anniversaire un autre évènement remarquable s'est produit pour nous rappeler à tous à quel point ça fait longtemps que l'Homme s'amuse à compter les ans qui passent. Hé ouais, boys and girls, c'est trop la nouvelle année youhou (oui bon d'accord, depuis plus d'un mois, mais on s'en fout). Qu'il me soit donc permis ici de vous souhaiter une bête de bonne année avec son lot de joies, fortune, gloire et autres réjouissances à tendance gaudriolesques, car enfin la vie est courte n'est-ce pas. Autant 2007 c'était un peu la misère t'as vu, Sarkozy président, la coupe du monde de Rugby qui nous passe sous le pif, le triomphe de la Tecktonik™ et autres catastrophes naturelles, autant 2008 y'a moyen que ça défouraille sévère. Oui, je sais, ça ne veut pas dire grand-chose, mais enfin, puisque l'enthousiasme est là, ne gâchez pas tout en demandant plus de précisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'année 2006, ma bonne résolution avait été d'arrêter de fumer. Ce qui est sans aucun doute l'un des trucs les plus balèzes du monde (le lectorat est cordialement invité à abonder dans mon sens afin de m'aider à rester un fumeur qui se retient). C'est sans doute la raison pour laquelle pour l'année 2007 j'avais pris la décision de ne pas prendre de bonne résolution. Je m'étais juste dit que ça serait pas mal d'essayer d'être un peu de thunes de côté, mais que bon si je n'y arrivais pas il n'y avait pas de quoi en faire un drame. Résultat, ça n'a pas marché. Dès le mois de mars il m'a fallu me rendre à l'évidence: faire des économies relevait de la mission impossible. J'ai donc décalé un peu le défi et ai décidé d'essayer de finir l'année à zéro plutôt qu'en négatif. Et franchement, j'y étais presque. J'ai juste oublié la taxe d'habitation pharaonique (des sacrifices sont nécessaires pour vivre dans une ville fleurie) et le changement d'amortisseurs qui s'imposait pour ma belle italienne aux reflets d'argent. Bilan comptable pour 2007: moins 2000 euros. Béni soit le temps où j'arrivais à faire la fourmi et qui me permet de jouer la cigale 5 ans plus tard...&lt;br /&gt;Enfin bref, ceci nous prouve que pour réussir l'impossible, on ne fait pas mieux qu'une bonne bonne résolution des familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc pour 2008...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Roulement de tambour)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...Ma bonne résolution sera de redescendre aux 80 kilos que je pesais à l'époque bénie de mes 25 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tchi-Tchaaa...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'avais pris cette résolution alors que j'étais encore fumeur, franchement, tout le monde m'aurait dit &quot;&lt;em&gt;Hé, ho, trop nulle ta résolution, hé&lt;/em&gt;&quot;. Normal, à l'époque je n'affichais que 85 petits kilos à la balance. Sauf que, comme mentionné un peu plus haut, j'ai arrêté de fumer il y a un peu plus d'un an. Ce qui n'a pas été sans conséquences pour ma silhouette naguère si harmonieuse et virile à la fois. Genre au petit matin du premier janvier 2008, ne me manquaient que deux kilos et demi pour en peser 100. Autant dire que ça ne va pas être de la tarte. Mais bon. Je suis sûr d'y arriver, puisque c'est ma bonne résolution. Et ça, c'est rassurant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bonnes résolutions n'étant pas faites pour être tenues secrètes, mais bien pour être proclamées à la face du monde incrédule, j'ai donc fait part à mon entourage des sombres projets que j'ourdis contre l'inesthétique et encombrante couche de gras qui emprisonne mon corps d'athlète. Y'a pas, les gens, c'est trop des gentils avec moi. Quand je leur dis la quantité de kilos que je compte perdre la plupart d'entre eux ouvre de grands yeux étonnés, puis embraye sur le thème du &quot;&lt;em&gt;Mais enfin, t'as pas besoin, t'es très bien comme t'es&lt;/em&gt;&quot;. Flatteurs... Mais moi je le sais bien. Surtout, je le vois bien. Et je le sens bien. Cette ceinture dont les derniers crans me sont devenus inaccessibles. Ces escaliers que je monte avec bien plus de peine (trop flippant, j'ai même le genou gauche qui craque!). Cette mode du slim dont je je peux pas profiter... Je ne vais pas faire celui qui se fout des normes sociales ou de l'image de l'être humain idéal que véhiculent la plupart des médias et en particulier la publicité, mais honnêtement, ce n'est pas que ça. Je me sentais juste mieux. Et je veux retrouver ça. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Se nourrir exclusivement de chou-fleur à la vapeur et de céleri cru nature, c'est pas pour dire, mais on s'en lasse très vite. Si j'essaie de faire un peu gaffe à ce que je mange,&amp;nbsp; je n'ai pas pour autant l'intention de me priver de tout ce qui est bon. Avant, du temps ou je fumais, c'était facile: si un surpoids venait à me tomber dessus, pour rétablir la situation j'arrivais à manger triste. Par contre, pour compenser je fumais comme un pompier, ce qui avait l'avantage de me couper la faim et, l'eusses-tu cru, de cramer des calories supplémentaires, car oui, le simple fait de fumer constitue une dépense énergétique! Là, rapport à une bonne résolution à la con prise il y a quelques mois, je ne peux plus utiliser la méthode éprouvée et ô combien efficace du régime clope-légumes. Alors, me direz-vous, comment qu'on fait quand on décidé de perdre du poids, mais qu'en même temps on se refuse à se dénutrir volontairement? J'ai tourné et retourné cette question dans tous les sens, questionné les plus éminents spécialistes, c'est malheureux, mais les alternatives, y'en a pas mille. Y'en a qu'une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Faut faire du sport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais c'est horrible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi-même c'est avec peine que je me suis fait à cette idée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est marqué, si, si, relisez: je m'y suis fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour être tout à fait franc, je ne suis pas quelqu'un que l'on peut définir comme un allergique au sport. J'aurais plutôt eu tendance à dire que j'étais un sportif non-pratiquant. A base de &quot;&lt;em&gt;t'inquiète pas, je peux le faire, c'est juste que là, j'ai pas envie&lt;/em&gt;&quot;. Ce qui explique que depuis plusieurs années, mon activité sportive se limitait à un coup de roller de temps et temps et une ou deux semaines de ski tous les hivers. Sachant qu'en réalité, pour ces deux disciplines, plus on maîtrise la technique, moins on a besoin de faire d'efforts. Ce qui a contribué à renforcer dans ma tête l'illusion que je restais un grand sportif. Oui, illusion. Parce qu'en fait rien du tout. J'en chie des bulles, un truc de malade. Si vous me passez l'expression (celle avec des bulles). Qu'on se le dise, le muscle, c'est quand on ne s'en sert pas qu'il s'use. J'en ai encore eu la preuve pas plus tard que tout à l'heure à la piscine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Après des années d'absence des lignes d'eau, aujourd'hui était le jour de mes retrouvailles avec le grand bassin. Ca faisait bien 6 ou 7 ans que je n'étais pas retourné dans l'eau pour faire du sport. Je veux dire, pour de vrai. Comme dans le temps je me débrouillais plutôt pas trop mal, je suis parti en me disant que normalement je devrais avoir un minimum de restes. Au point que ce matin, avant de m'en aller quérir un bonnet de bain au décatruc du coin, j'ai sorti cette phrase mémorable à l'un de mes camarades de comptoir: &quot;&lt;em&gt;Franchement, si j'arrive à claquer 100 longueurs, je serai content; bon, en fait j'espère surtout pouvoir arriver à 80, mais si je peux faire mieux, ça sera bien&lt;/em&gt;&quot;. Haha. Le con. Non, parce que autant vous le dire tout de suite, j'ai très rapidement arrêté de compter. Et pas parce que j'enchaînais les longueurs trop vite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, des beaux restes, j'en avais. Mon cerveau se rappelait très bien de ma façon de nager d'il y a 6 ans. Par contre, mes muscles m'ont très rapidement prouvé qu'ils avaient la mémoire courte. C'est-à-dire que je suis parti pleine balle, comme au bon vieux temps où je claquais minimum 150 longueurs par session. Sauf qu'aujourd'hui, 10 longueurs à ce rythme-là ont suffi à me transformer en une masse douloureuse et suffocante. J'ai quand même continué un peu, ne serait-ce que par orgueil, pas question de sortir de l'eau après même pas dix minutes, mais croyez-moi, j'ai grave pleuré ma race. D'où le fait qu'il n'était plus question de compter. On va dire que j'ai dû faire quelque chose comme 25 longueurs, pas plus. Et je ne me suis même pas arrêté parce que j'étais blasé, mais parce que mes muscles m'ont signalé que si je ne sortais pas de l'eau fissa j'étais bon pour la crampe généralisée. Pour rester positif, on va dire qu'au moins, comme ça, je sais que j'ai une marge de progression énorme...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est marrant, parce que ça m'a fait la même chose pour tout. La première fois que je suis allé courir je me suis dit &quot;&lt;em&gt;Bon, en endurance, au collège et au lycée, t'étais tout bidon, c'est pas la peine de te lancer directo dans un marathon, contente-toi de courir 20 minutes, ce sera déjà un bon début&lt;/em&gt;&quot;. Et 6 minutes 30 plus tard je m'effondrais sur le bord de la route pris d'une double crampe bilatérale des deux cuisses. Une semaine pour m'en remettre. Au niveau des abdos, pareil: pour attaquer en douceur j'ai modestement choisi un petit enchaînement d'exercices de 8 minutes, à l'américaine t'as vu. Comme on dirait que la règle c'est d'arrondir à la minute supérieure, on dirait j'ai tenu au moins deux minutes, oké les copains? En tout cas j'aurai découvert que des courbatures aux abdominaux, ça se peut. Et je crois même que le lendemain je suis passé pas loin de la crampe lors d'un éternuement particulièrement énergique... Comme quoi, hein, la théorie du sportif non-pratiquant, mon cul. Malgré ça, la force mystérieuse de la bonne résolution m'empêche de me dire des trucs du genre &quot;&lt;em&gt;Bon, ben laisse tomber, t'es pas sportif, t'es pas sportif, on va pas en faire en drame&lt;/em&gt;&quot;. Au contraire, j'insiste. Et pour ce qui est du yoguine et des abdos, je progresse. Ouais, carrément.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merde. Si ça se trouve je suis en train de muter. Je deviens sportif. Si on m'avait dit ça y'a quinze kilos, je l'aurais pas cru. Goûte le pouvoir mystique de la bonne résolution... J'imagine qu'elle est sûrement tombée au bon moment. Pourquoi ça marche? Pourquoi je ne me décourage pas? Qu'est-ce que j'y trouve? Je veux dire, j'en chie, pourquoi j'arrive à m'imposer ça? L'effort jusqu'à la souffrance. Contrôlée, mais souffrance quand même. Merde, j'aime pas ça, moi la souffrance, normalement. Quitte à en choquer certains, je n'hésite pas à le dire: avoir mal, ça seuxe. Et pourtant sur cette histoire de sport, je ne lâche pas l'affaire. De la bonne souffrance, parce que choisie? Je ne sais pas. Ce qui est vrai, c'est qu'au moment où t'es en train de faire ton putain d'effort, celui où tu te dis, bordel, y'a pas moyen que je m'arrête maintenant, t'es entier à ce que tu fais. Et c'est peut-être ça qui est bon, que tout le reste disparaisse. Que les problèmes n'existent plus. Que ce qui te pourrit le cerveau, quand bien même tu n'as que ça en tête partout, tout le temps, s'évanouit. Des moments d'oubli. Pour pas cher. La fuite, peut-être un peu. Mais bordel on a le droit aussi. En tout cas, moi je le prends.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis d'abord, c'est pour la bonne cause, non mais. Même que ça marche. Quatre kilos en moins depuis le début de l'année. La classe hein? L'oeil du tigre. Graou. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Là-dessus, je vous laisse, j'ai vingt minutes d'abdos et trois séries de pompes à boucler avant d'aller me coucher, ça m'évitera d'avoir à les faire demain matin avant d'aller courir. Ah ouais, mais, nan, mais à fond la caisse, c'est clair. Que la force soit avec vous!&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;P.S.: Merci pour vos commentaires sur le message précédent, et pour vos mails aussi, vous êtes tous trop des gentils.&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.chimineks.net/post/2008/01/16/Trop-lourd-a-porter#comment-form</comments>
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    <title>Un début d'été pluvieux</title>
    <link>http://www.chimineks.net/post/2007/12/07/Un-debut-d-ete-pluvieux</link>
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    <pubDate>Fri, 07 Dec 2007 23:59:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>thomas</dc:creator>
        <category>Introspection</category><category>Le cap des 30</category><category>Le futur cet inconnu</category>    
    <description>    &lt;p&gt;C'est alors que notre héros réalisa qu'il venait de dire &quot;&lt;em&gt;J'ai trente ans&lt;/em&gt;&quot; pour la dernière fois de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Youpi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et toute cette sorte de choses.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Au rayon des réjouissances</title>
    <link>http://www.chimineks.net/post/2007/11/30/Au-rayon-des-rejouissances</link>
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    <pubDate>Fri, 30 Nov 2007 23:40:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>thomas</dc:creator>
        <category>Mon amie la clope</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Il y a un an jour pour jour, j'ai fumé ma dernière cigarette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yeah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout en fait.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La gravité du réel</title>
    <link>http://www.chimineks.net/post/2007/11/18/La-gravite-du-reel</link>
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    <pubDate>Sun, 18 Nov 2007 17:47:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>thomas</dc:creator>
        <category>Le quotidien du super-héros</category><category>Mais Wii...</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Haha. J'adore ce titre. Il claque trop, un truc de malade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ahum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec beaucoup de courage et d'abnégation, et peut-être un peu aussi parce que j'ai les yeux défoncés et la tête qui tourne d'y avoir passé trop d'heures, je me suis décidé à lâcher les manettes pour le clavier. Ce qui n'est franchement pas un truc facile. Parce que ce que vous ne savez pas encore, pauvre de vous, ceux qui savent me comprendront, c'est que Super Mario Galaxy est sans aucune contestation possible le meilleur jeu vidéo de tout l'Univers. J'en viens à désespérer de l'absence de preuves de l'existence d'univers parallèles, ça permettrait de se faire une meilleure idée de l'ampleur de la chose. Enfin bon, c'est plutôt chouette comme jeu. Et légèrement addictif, j'en veux pour preuve le fait qu'en général il faut se dire 20 fois &quot;&lt;em&gt;Allez, juste une dernière étoile et j'arrête&lt;/em&gt;&quot; avant de se décider à appuyer sur le bouton off de la télécommande. J'ai les yeux qui piquent, vous n'avez pas idée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai que j'y ai quand même passé un temps considérable. Rendez-vous compte, je l'ai depuis vendredi après-midi, j'en suis déjà à 81 étoiles. Ah ben non, c'est vrai, vous ne pouvez pas vous rendre compte. Alors disons qu'en nombre d'heures, c'est un peu comme si j'avais décidé de me refaire la trilogie filmée du Seigneur des Anneaux. Deux soirs de suite. La version longue, bien sûr. Flippant, hein? Si je vous dis qu'il est cro cro bien, ce jeu, c'est qu'il l'est! D'où la peine que j'ai pu avoir à m'en arracher aux petites heures du matin automnal. Surtout pour retrouver la réalité et les lourds principes gravitationnels qui régissent ma relation avec notre globe terrestre. Ce n'est pas que je tombe, c'est que je suis cloué au sol. Beurk. Autant aller se coucher...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je n'étais pas dans une phase où j'ai justement décidé de n'en avoir rien à foutre de rien pour ce qui concerne la mise en conformité de mon existence avec les normes sociales habituellement en vigueur dans notre pays, je serais enclin à me poser des questions sur moi-même. Si on fait une petite liste non exhaustive, c'est à se demander s'il n'y aurait pas matière à trouver ça un peu révélateur. Parce qu'il n'y a pas que Mario Galaxy et son univers chatoyant et virevoltant où même si tu meurs c'est pas grave vu qu'il te reste encore 17 vies. Depuis quelques semaines il y a aussi les Annales du Disque-Monde dans lesquelles je me jette à corps perdu dès que j''en ai marre d'avoir les yeux collés sur un écran. L'écran sur lequel se succèdent des films hollywoodiens à mort, dans lesquels pleins de trucs improbables se passent et ou le gentil gagne toujours à la fin. L'écran du PC sur lequel je suis en ce moment même en train de taper cette note... Moi j'dis, ça fait du cumul quand même. Allez, je ne suis pas chien, je veux bien admettre que tout ceci puisse avoir un lien avec mon rapport au monde en ce moment. Et puisque vous m'êtes sympathiques, je veux bien aller jusqu'à consentir qu'il s'agit plus précisément d'un rapport avec mon monde à moi. Mais on va s'arrêter là, n'est-ce pas, car vous n'avez pas la forme d'un divan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci n'est pas pour améliorer le temps que je consacre à l'entretien de mon appartement. Pas plus tard que chaque fois que je sors de chez moi, car oui, tout de même, cela arrive, je me fais la réflexion suivante: mince, si l'envie me prenait d'inviter quelqu'un à l'improviste chez moi, je ne pourrais décemment pas le/la recevoir dans un bordel pareil. Quand je pars au boulot, j'ai même une version un poil plus glauque: mince, si j'avais un accident de voiture et qu'il faille que quelqu'un vienne chez moi me chercher des affaires pour le temps de mon hospitalisation, comment ce serait trop la honte. Donc oui, évidemment, vivre tout seul, halala, ma bonne dame, c'est tout de même une expérience incomparable, certes. Dégagé de la somme de contraintes que peut représenter l'Autre on touche du doigt ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue: la Liberté. Sauf que bon, le ménage, il ne se fait pas tout seul. Alors Liberté, oui, bon, n'empêche que de temps en temps c'est pas si mal de pouvoir compter sur l'Autre pour passer l'aspiro ou descendre les poubelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il paraît que la meilleure solution pour maintenir son logement propre et bien rangé, c'est d'en faire un petit peu tous les jours. En tout cas, c'est ce que disent la plupart des gens que je connais dont l'appartement n'est pas le contraire d'une invitation. Rien à voir avec ma stratégie du &quot;&lt;em&gt;Un gros coup de rangeoss toutes les x semaines, du moins, si l'occasion se présente&lt;/em&gt;&quot;. Oui, je préfère écrire &quot;&lt;em&gt;x semaines&lt;/em&gt;&quot;, juste histoire de préserver ma part de mystère, cette petite &lt;em&gt;touch&lt;/em&gt; perso qui les rend toutes folles. Non, ce n'est pas du tout pour éviter les remarques désobligeantes. Bref, il semblerait bien que ma façon de faire ne soit pas la bonne. La faute à un seuil de tolérance perché dans les limbes. Et aux circonstances. Maudits soient les dieux qui dans leur incroyable négligence ont oublié de faire de moi un allergique à la poussière. Parce que ça, ouais, dans le genre motivant pour faire le ménage, ça doit bien le faire. Que moi non. Je résiste aux milieux les plus allergènes et les plus pathogènes. J'aurais dû bosser au N.I.H., tiens.&lt;br /&gt;(Haha, j'ai réussi à placer une référence à une série ricaine, ça y est, je suis trop dans la &lt;em&gt;hype&lt;/em&gt;!)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, vraiment, la seule chose qui par le passé a pu me motiver pour jouer à l'aspirant mage du logis (ouais nan, fée ça fait trop gonzesse t'as vu), c'est de partager mon logement avec quelqu'un. Et pas forcément parce que je m'y sentais obligé pour cause de pratique du sexe avec l'autre partie, non, non, même en colocation fille-garçon dépourvue de toute ambiguïté (Rhââ, mais si-heu!), j'essayais de faire en sorte que ça ne vire pas trop crado sorti des frontières impénétrables de ma chambre. D'ailleurs pour peu que la ma-meuf ou la ma-colocataire se barre en vacances quelques jours, il me suffisait de quelques heures pour foutre un dawa sans nom dans tout l'appart'. Par contre, juste avant leur retour, ça redevenait über nickel, genre presque plus qu'à leur départ. Genre on a rien vu. Hein? Quoi? Comment? Du bordel ici? Non, franchement, ça m'étonnerait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, on pourrait trouver regrettable que je ne me préoccupe des conditions d'ordre et d'hygiène de mon habitation que dès lors que je sens qu'un regard potentiellement inquisiteur est susceptible de se poser sur les lieux. Oui parce qu'à la vérité, je me suis déjà dit qu'une solution efficace pour que je me mette à faire un peu plus attention pourrait être de trouver une meuf, sans forcément la faire habiter chez moi, ne nous emballons pas, mais bon, le genre à pouvoir débarquer sans prévenir. Parce que c'est ça en fait. Le problème. Enfin, mon problème. Je n'arrive pas à faire le ménage pour moi, je ne me contrains à le faire que pour les autres. Maintenant, est-ce qu'il faut en faire un drame? J'veux dire, c'est grave docteur? Si mon intérieur est lié à ce que je suis à l'intérieur, faut-il pour autant que je change mes habitudes de ménage? L'influence va-t-elle dans les deux sens? Y a-t-il une poule? Y a-t-il un œuf? En voilà des questions qu'elles sont bonnes, non? Mais qui ne changent rien au fait que le soir tombe et que je n'ai toujours pas passé la serpillière. Et que les conditions sont à nouveau idéales pour s'en aller explorer la Galaxie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Là-dessus, je vous laisse, pour le bien-être de mes yeux je vais essayer de m'abstenir de repartir pour un nouveau marathon d'étoiles. Par contre il est trop tard pour enfiler les gants Mapa. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir foutre de ma soirée?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Mes chers concitoyens...</title>
    <link>http://www.chimineks.net/post/2007/11/12/Mes-chers-concitoyens</link>
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    <pubDate>Mon, 12 Nov 2007 18:33:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>thomas</dc:creator>
        <category>Ah la famille!</category><category>Certes de gauche</category><category>Mort aux cons!</category><category>No pasaran!</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Après avoir consacré mon week-end à travailler autant pour gagner plus, jour férié oblige, un truc ne lasse pas de m'étonner. Ainsi donc il paraîtrait que l'apocalypse sociale est pour cette semaine, la faute à ces salopards de fonctionnaires qui refusent de travailler plus pour gagner autant. C'est marrant, pour le coup, formulé de cette façon, ça ne me surprend qu'à moitié. Ce qui m'étonne, c'est que les gens, comprenez les non-fonctionnaires, ne voient pas les choses sous cet angle. C'est comme si au contraire les gens appelaient de leur vœux un nivellement par le bas. A base de &quot;&lt;em&gt;Ouais, mais d'abord, j'vois pas pourquoi ils bosseraient pas aussi longtemps que moi, ces salauds de privilégiés de feignants de y'en a marre non mais ho&lt;/em&gt;&quot;. C'est un peu comme si au lieu de demander une augmentation parce que tel collègue gagne plus que moi, je me mettais à demander une diminution de salaire pour lui. 'Faut quand même être salement aigri pour en arriver là.&amp;nbsp; En tout cas en ce qui me concerne j'ai bien du mal à trouver une logique dans le changement de régime qu'on veut imposer aux fonctionnaires. A vrai dire, je ne trouve pas ça très juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc, normalement, c'est là qu'intervient le chœur des joyeux défenseurs du &quot;&lt;em&gt;Ah ben oui, mais qu'est-ce tu veux, on peut pas faire autrement&lt;/em&gt;&quot;. Et ben vous savez, quoi, vous allez rire, mais il semble bien que si. Sans vouloir jouer les balances façon bon vieux temps de la Révolution Culturelle chinoise, il se trouve que je dispose de plusieurs exemples particulièrement édifiants propres à remettre en cause la croyance populaire qui veut que les agents de l'Etat soient les seuls à pouvoir prendre leur retraite sans avoir eu à cotiser durant plus de quarante annuités. Vous allez voir jusqu'où peut aller le gauchimsme le plus extrême, certains trouveront même ça sordide, et pourtant, pour la défense d'une certaine conception du monde, je n'hésiterai pas à exposer ma propre famille en place publique pour appuyer mon combat pour un monde plus mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, parce qu'en fait, il s'agit de mes parents. Lesquels sont depuis quelques semaines de jeunes et joyeux retraités. L'un ayant célébré son pot de départ à 60 ans, et l'autre carrément à 59. Et pourtant, mes parents ne sont pas cheminots. Pas membres du corps enseignant. Pas pompiers ou gendarmes. Non, non, non, jusqu'à ce qu'on leur annonce la quille et le début de leur nouvelle vie qui se bornera pour l'essentiel à se demander quoi faire de leurs journées, du moins avant qu'ils ne découvrent les vertus de Derrick et des Chiffres et des Lettres, avant, donc, dans leur vie de travailleurs, mes géniteurs étaient tous deux des salariés. Genre sous contrat privé, quoi. Genre carrément pas fonctionnaires. Evidemment, quand, avec juste le certif' en poche, on a commencé à bosser à 14 ans à l'usine, il paraît normal de prétendre à un repos bien mérité à l'aube de la soixantaine, personne ne le contestera. Mais le parcours de mes parents n'a rien à voir avec ça. Bien loin des cheminements médiocres des prolétaires ordinaires, mes parents ont su travailler plus à l'école pour gagner plus au boulot...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque je vous sens avides de tout savoir sur mon ascendance, sachez que mes parents, en bons self-made-winners, se sont rencontrés dans une université américaine, où ils ont vaillamment décroché leurs statuts respectifs d'ingénieurs, avec à la clé des prétentions salariales grosses comme ça. Ce qui ne s'est pas fait en un jour. Quand finalement ils se sont dits qu'il serait peut-être temps de se mettre au boulot, ils devaient avoir dans les 24-25 ans, un truc comme ça. Faîtes le calcul, vu leurs âges, on est bien loin des 42 annuités réglementaires dans le privé. Et pourtant, ça n'a pas posé de problème quand ils ont commencé à réaliser qu'ils en avaient ras la casquette et qu'il était temps pour eux de profiter un peu de la vie. Et ils ne sont pas les seuls comme ça. Autour de moi, ne serait-ce que parmi les parents de mes amis, des cas comme ça, il y en a des pelletées. Des sexagénaires, et encore, pas toujours, qui bossent dans le privé, se voient proposer de partir un peu plus tôt que prévu, et le font de bonne grâce qui à toucher un peu moins au début, on en trouve dans tous les coins. Pour tout vous dire, et alors que les fonctionnaires bénéficient encore de régimes dits spéciaux, je connais même des cas où Monsieur est à la retraite à 60 ans après avoir bossé dans toute sa vie dans le privé, tandis que Madame qui a le même âge mais est fonctionnaire doit encore se tartiner deux ou trois ans avant d'envisager de pouvoir se vautrer dans l'oisiveté improductive et parasitaire aux côtés de son époux! Comme quoi, hein...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En réalité, les régimes sont en train de s'inverser. Et ça s'explique très bien. En gros c'est simplement parce qu'à terme un salarié ça coûte cher, alors qu'un fonctionnaire, non. Mes parents, et la foule de ceux qui ont leur profil, à force d'ancienneté, finissent par atteindre des niveaux de salaires qui commencent à faire lourd en k€ dans la masse salariale. Au final, embaucher un gamin 3 ou 4 fois moins cher, quitte à verser une petite prime de départ où à financer une partie de la retraite anticipée, ça doit être plus rentable qu'autre chose pour un employeur. Et puis bon, on imagine sans peine que l'Etat met la main à la poche, histoire d'éviter de voir les courbes des chômeurs de plus de 50 ans s'emballer plus encore. A côté de ça, regardez le salaire de départ d'un enseignant, et ce qu'il peut espérer en fin de carrière, franchement, ça ne fait pas rêver. Permettez-moi de piquer sa casquette à Julien Courbet, mais elle est là, l'arnaque: en réalité l'Etat, c'est-à-dire toi et moi, happy fellow tax-payer, paie pour que les salariés du privé partent à la retraite plus tôt a lieu de se faire licencier et de gonfler les chiffres du chômage, et à côté de ça, il se prend à rêver de faire bosser plus longtemps ceux qui au final ne lui coûtent pas bien cher. Pardon, mais j'ai peur de trouver ça un peu malhonnête et même carrément dégueulasse, cette façon d'appeler un chat un chien tout en voulant monter les gens les uns contre les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va savoir pourquoi, le secteur privé est devenu intouchable, au sens où on ne peut plus se permettre de le critiquer. Si au lieu de verser des aides à la pré-retraite probablement faramineuses l'Etat laissait les travailleurs en fin de carrière se faire licencier pour céder la place aux plus jeunes et plus économiques, au moins la situation serait plus claire. L'argent non-dépensé dans les pré-retraites irait au chômage, et au final le &quot;vieux&quot; chômeur n'y perdrait pas plus que ça au change. Et au moins on serait fixé. Non pas qu'on verrait de quel côté sont les méchants patrons dont il importe de mettre la tête au bout d'un pique (encore que...), mais au moins on prendrait acte du fait que vouloir augmenter l'âge des départs à la retraite ne servirait à rien puisque de toutes façons les entreprises préfèrent se séparer de leurs salariés les plus âgés qui coûtent trop cher. Si ça se trouve on se dirait même que la bonne solution serait d'aligner tout le monde sur les régimes spéciaux des fonctionnaires. Et on serait tous à égalité, youpi. Ce serait pas beau ça? Mais il me semble que j'entends au loin le grognement du libéral qui maugrée un truc du genre &quot;&lt;em&gt;Ah ben oui, c'est bien joli, mais comment on ferait pour financer tout ça, hein? Plus de taxes, c'est ça, c'est ça? Grrr...&lt;/em&gt;&quot;. Ben non banane. Ca ne coûterait pas plus cher. On paye déjà pour les chômeurs déguisés en pré-retraités aujourd'hui, on paierait la même chose, sauf qu'ils seraient officiellement retraités. Purée, c'est pas vif, un libéral...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin bon, c'est pas demain la veille qu'on verra une évolution dans le genre. Ne serait-ce que parce qu'on n'arrive pas tellement à se sortir du discours ranci qui veut que la valeur travail, oulala, ma bonne dame, c'est important. Y'a deux millions de chômeurs officiels en France, et probablement le double en réalité, mais bon, c'est pas grave, on continue de dire que ceux qui ne bossent pas sont des feignasses, et qu'il faut travailler plus et plus longtemps pour être quelqu'un de bien. Au risque de passer pour un dangereux agitateur, je serais tenté de dire que je suis contre. En tout cas, une chose est sûre, pour les mouvements sociaux à venir, les grévistes peuvent compter sur mon soutien moral total et inconditionnel. Evidemment on nous resservira le discours de la prise en otage des braves gens qu'on empêche d'aller bosser, comme d'habitude. C'est sûr que c'est plus facile de détourner les regards de cette façon plutôt que de se donner la peine de tenter une explication qui n'abonderait pas forcément dans le sens du vent nauséabond actuel. Tant pis. On verra bien. On n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise: souvenez-vous de ce si joli automne 1995 où le peuple s'arrogea le droit d'adresser un doigt monumental à Juppé et aux médias qui essayaient de le dresser contre les hardis grévistes qui prirent alors le temps de défendre notre beau système de protection sociale... Enfin, c'était il y a longtemps. La clé, c'est de continuer à y croire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La-dessus, je vous laisse, j'ai un retard considérable à rattraper en matière de films récemment mis en rayon dans le vidéo-club du coin, la situation ne saurait décemment s'éterniser plus longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh et puis tiens, allez, pour une fois:&lt;/p&gt;
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